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La tauromachie, une grande tradition espagnole sous pression

 

La tauromachie, art de combattre les taureaux dans l'arène, est une grande tradition espagnole remontant au Moyen-Age, mais est de plus en plus critiquée par les défenseurs des animaux qui dénoncent sa "cruauté".

L'interdiction des corridas votée mercredi par le Parlement de Catalogne (nord-est) illustre la pression croissante exercée sur ce spectacle toujours apprécié par les "aficionados" en Espagne, dans le sud de la France, au Portugal (sans mise à mort) et en Amérique latine.

Ses origines remontent aux jeux taurins, essentiellement équestres, appréciés par le Cid Campeador et Charles Quint au Moyen-Age, qui se transformèrent ensuite au 18e siècle en premiers combats à pied dans les arènes.

Mais c'est surtout au 19e siècle que se développe, en Espagne comme en France, l'art tauromachique moderne, avec une mise en scène dans l'arène entre "soleil et ombre", un rite immuable comprenant travail à la cape, picadors, banderilles, faenas et mise à mort du taureau par "estocade" de face à l'épée.

De grandes "figures" espagnoles de la tauromachie ont contribué ensuite à affiner et populariser ce spectacle aux 20e siècle: Joselito, Belmonte, Manolete, Dominguin, Ordoñez - célébrés par Ernest Hemingway - ou encore El Cordobes et plus récemment José Tomas.

Des étrangers aussi, comme le matador français Sébastien Castella, le Mexicain Carlos Azzura ou le Colombien Cesar Rincon. La "temporada" hivernale se déroule chaque année dans cinq pays "taurins" d'Amérique latine: Mexique, Pérou, Colombie, Equateur et Venezuela.

Au Portugal, le taureau n'est pas mis à mort, dans ce que les vrais "aficionados" considèrent comme une version édulcorée de la corrida. Il y a aussi des toreros à cheval, des "rejoneadores", autre facette du spectacle taurin.

Les grandes places traditionnelles, Madrid, Séville, Bilbao, attirent toujours en Espagne les amateurs de corridas, notamment pendant les Ferias annuelles comme la San Isidro, qui remplit chaque année en mai les gradins des arènes madrilènes de Las Ventas (25.000 places).

Mais c'est un public vieillissant et de moins en moins de jeunes - contrairement à ce qui se passe en France - sont attirés en Espagne par ce spectacle auquel s'opposent de façon de plus en plus virulente les organisations de défense du droit animal.

Le monde taurin espagnol s'est récemment mobilisé pour mieux défendre la "fiesta" taurine et va devoir se battre pour retarder un déclin prévisible - hormis pour les lâchers de taureaux dans les rues, toujours populaires, comme ceux de Pampelune (nord).

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