Site d'information de Philippe Le Roux Ancien cadre local et national du RPR, de l'UMP et de LR Délégué de la Circonscription de Guingamp Conseiller auprès du Directeur général de l'UMP et Conseiller politique du Président de la République
2 Novembre 2010
Les chrétiens du Moyen-Orient, visés au travers de l'attaque d'une église syriaque catholique de Bagdad par un groupe d'Al-Qaïda, sont divisés en de multiples communautés, souvent en proie à un sentiment croissant d'insécurité et d'exclusion.
Berceau du christianisme, la région compte 20 millions de chrétiens, dont 5 millions de catholiques, sur 356 millions d'habitants, selon des chiffres diffusés lors d'un synode sur le Moyen-Orient en octobre au Vatican.
Conflits, instabilité politique, difficultés économiques, discrimination, persécutions ou progrès de l'islam radical sont tenus responsables d'une situation qui pousse nombre d'entre eux au départ, en particulier en Irak.
Les Coptes (chrétiens d'Egypte), en grande majorité orthodoxes, constituent la plus importante communauté chrétienne du Moyen-Orient, représentant, selon des estimations, de 6 à 10% des 80 millions d'Egyptiens.
Bien que leur communauté soit distincte des syriaques catholiques d'Irak, les Coptes sont, selon le centre américain de surveillance des sites islamistes (SITE), visés par le groupe qui a revendiqué l'attaque de Bagdad.
Le cas de deux Egyptiennes, présentées comme "emprisonnées dans des monastères" après avoir voulu se convertir à l'islam, serait invoqué par l'Etat islamique d'Irak (ISI) pour justifier ces menaces contre les chrétiens.
En Irak, la situation des chrétiens est jugée particulièrement préoccupante. Le 12 octobre, l'archevêque de Kirkouk (nord) s'était inquiété de l'"exode mortel" des chrétiens de ce pays.
Le nombre de chrétiens en Irak est estimé entre 450.000 et 500.000, dont environ 300.000 catholiques (contre 378.000 en 1980). Parmi ces derniers, environ 80% sont des chaldéens, le reste étant des syriaques catholiques, des Arméniens catholiques et des catholiques latins.
Parmi les non-catholiques, 80% sont des Assyriens et le reste des syriaques orthodoxes ou des Arméniens orthodoxes.
Les pays du Golfe comptent quelque 3,5 millions de chrétiens de différentes églises, en grande majorité des immigrés asiatiques ou des Occidentaux catholiques.
Le droit de pratiquer leur culte est reconnu dans ces pays sauf en Arabie saoudite, qui interdit toute forme de pratique religieuse à part l'islam. Douze Philippins et un prêtre ont ainsi été arrêtés dans le royaume pour prosélytisme début octobre lors d'une messe célébrée en secret.
En Syrie, en l'absence de statistiques officielles, les analystes affirment que les chrétiens représentent de 5 à 10% d'une population qui s'élève à 20 millions d'habitants. On ne relève pas de menaces proférées par des groupes islamistes contre les chrétiens de ce pays.
Au Liban, les chrétiens -dont l'importante communauté maronite- constituent quelque 34% de la population, estimée à 4 millions de personnes, soit le plus fort pourcentage pour un pays du Moyen-Orient.
Les attentats menés par des groupes extrémistes dans ce pays sont toutefois généralement liés à des considérations politiques, plus que religieuses.
Les Coptes d'Egypte, première communauté chrétienne du Moyen-Orient
Les Coptes d'Egypte, visés par les menaces d'un groupe de la mouvance d'Al-Qaïda, constituent la communauté chrétienne la plus nombreuse du Moyen-Orient et l'une des plus anciennes.
Cette minorité religieuse est généralement estimée entre 6 et 10% des quelque 80 millions d'Egyptiens. L'Eglise copte, elle, parle de 10 millions de fidèles.
Les Coptes orthodoxes, avec à leur tête le patriarche Chenouda III, constituent la grande majorité de cette communauté, qui compte aussi quelque 250.000 Coptes catholiques rattachés à Rome.
Leur existence remonte à l'aube du christianisme, à l'époque où l'Egypte est intégrée à l'empire romain puis à l'empire byzantin après la disparition de la dernière dynastie pharaonique des Ptolémées, d'origine grecque.
Le mot "copte" a d'ailleurs la même racine que le terme "Egyptien" en grec ancien.
Leur déclin commence avec les invasions arabes du VIIème siècle et l'islamisation progressive du pays, aujourd'hui dans son immense majorité musulman sunnite.
Les Coptes sont présents à travers tout le pays, avec des concentrations plus fortes en Moyenne-Egypte. On les trouve également dans toutes les catégories sociales, des éboueurs misérables du Caire ("zabbaline") aux grandes familles patriciennes comme les Boutros-Ghali.
Faiblement représentés au Parlement et au gouvernement, les Coptes s'estiment tenus à l'écart de nombreux postes de la justice, des universités ou encore de la police.
La montée d'un islam rigoriste encouragé par les Frères musulmans aggrave leur sentiment de marginalisation. Des incidents parfois meurtriers ont également émaillé leurs relations avec les musulmans au cours des dernières années, renforçant leurs craintes.
Le 6 janvier dernier, à la veille du Noël copte, six fidèles ont été tués par des tirs à la sortie d'une messe à Nagaa Hamadi, en Haute-Egypte, suscitant une vive émotion dans cette communauté. Le procès des auteurs de l'attaque est en cours.