13 Septembre 2010
Une vingtaine d'établissements de réinsertion scolaire (ERS), comme celui inauguré lundi par le ministre de l'Education nationale Luc Chatel à Saint-Dalmas de Tende (Alpes-Maritimes), doivent voir le jour cette année pour accueillir les élèves dits "perturbateurs".
Voulus par Nicolas Sarkozy, ces internats pourront accueillir chacun "15 à 30" élèves "pour une durée d'un an au moins et disposent d'un encadrement renforcé", selon les textes officiels.
Ils "s'adressent à des élèves perturbateurs scolarisés dans le second degré, qui ont fait l'objet de multiples exclusions, âgés de 13 à 16 ans, issus des classes de 5ème, 4ème et 3ème, qui ne relèvent ni de l'enseignement spécialisé et adapté, ni d'un placement dans le cadre pénal au sens des dispositions de l'ordonnance du 2 février 1945 relative à l'enfance délinquante".
L'ERS "peut être implanté dans des locaux annexés à l'établissement scolaire de rattachement" ou "être mis en place dans des locaux relevant d'autres institutions et organismes".
Si l'accord du jeune et de sa famille ne peut être obtenu, le placement en ERS pourra être prononcé le cas échéant contre l'avis des parents après une saisine du procureur par l'inspecteur d'académie.
Selon le ministère, une dizaine d'ERS doivent être créés d'ici "novembre 2010", dix autres devant ouvrir "au cours de l'année scolaire". Leurs localisations seront annoncées au fur et à mesure de l'avancée des différents projets.
Trois établissements vont accueillir des élèves de Seine-Saint-Denis: 20 collégiens iront à Craon en Mayenne, 10 à Port-Bail dans la Manche et 20 dans un lycée d'enseignement privé catholique à Vaujours, en Seine-Saint-Denis même. Il y aura deux professeurs par structure, quatre assistants d'éducation, trois volontaires de service civique et deux éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ).
Le conseil général des Hauts-de-Seine envisage lui d'ouvrir un ERS annexé au collège Jean-Perrin à Nanterre courant octobre.
L'un des objectifs est de réinsérer scolairement ces jeunes, avec "une pédagogie qui mettra l'accent sur l'apprentissage de la règle, le respect de l'autorité et le goût de l'effort", du sport "tous les après-midi" et "la découverte des métiers", avait indiqué Nicolas Sarkozy le 5 mai.
La mesure a suscité le scepticisme des chefs d'établissements du SNPDEN-Unsa: "On les met à l'écart, on crée un milieu à risques, et l'histoire montre qu'il n'y a eu que des échecs en la matière", a déclaré à l'AFP Philippe Tournier, son secrétaire général, citant l'exemple des "colonies d'enfants difficiles" fermées au cours du XXème siècle.
Marly-le-Roi, un des 11 internats d'excellence créés en cette rentrée
L'établissement de Marly-le-Roi (Yvelines) que Nicolas Sarkozy inaugurait jeudi 9 septembre est l'un des 11 internats d'excellence créés en cette rentrée pour les bons élèves vivant dans des milieux difficiles, après celui de Sourdun (Seine-et-Marne) à la rentrée 2009.
Ces internats sont prévus à Barcelonnette (Alpes-de-Haute-Provence), Cachan (Val-de-Marne), Douai (Nord), Montpellier, Metz, Nice, Langres (Haute-Marne), Le Havre (Seine-Maritime), Noyon (Oise), Maripasoula (Guyane) et Marly.
L'idée du dispositif, issu du plan "Espoir Banlieues" lancé en 2008, est d'accueillir des collégiens, lycéens et étudiants "motivés" venant "de milieux modestes ou défavorisés" et qui "ne disposent pas de conditions matérielles favorables" chez eux pour étudier.
L'équipe éducative est recrutée spécifiquement, des activités sportives, culturelles ou autres doivent être prévues en fin d'après-midi et les internes ne rejoignent leur famille que le week-end.
Alors que certains internats accueillent une cinquantaine d'élèves, celui de Marly va être inauguré avec 139 élèves allant de la cinquième à la première (76 collégiens et 63 lycéens) : 29% des collégiens et deux tiers des lycéens inscrits sont issus de Zones urbaines sensibles et 55% sont boursiers.
L'équipe encadrante y est composée de 36 personnes, dont un directeur, un Conseiller principal d'éducation, une infirmière, une assistante sociale, 25 assistants d'éducation (soit environ un pour six élèves) et trois agents du Centre régional des oeuvres universitaires et scolaires. Il n'y a pas de professeur car les élèves sont scolarisés dans les établissements environnants.
Pour les activités culturelles et sportives qui y sont proposées, des partenariats ont été noués avec l'Orchestre de Paris (installation d'une résidence d'artistes sur le site, ateliers artistiques, mise à disposition d'une trentaine d'instruments, sorties à la salle Pleyel) et avec les fédérations de tennis de table, d'escrime et de judo. Les élèves pourront aussi avoir des cours d'aïkido, de "pop dance" et d'aviron.
Au total, ces internats nouvellement créés ne vont cependant représenter que 998 des 6.238 places que le ministère de l'Education nationale prévoit d'ouvrir cette année dans le cadre du dispositif appelé "internat d'excellence".
Les autres proviennent de la labellisation de places (4.287) au sein d'internats existants et de la "revitalisation de places" (953) dans des internats fermés ou tombés en désuétude.
A terme, 20.000 places doivent être créées. Au titre du grand emprunt, 500 millions d'euros sont prévus pour les investissements nécessaires.