9 Septembre 2010
L'attentat suicide, qui a fait 16 morts jeudi à Vladikavkaz dans le Caucase russe, illustre une nouvelle fois les difficultés de la Russie à stabiliser cette région à majorité musulmane en proie depuis des années à une rébellion islamiste.
- TCHETCHENIE: Cette république a proclamé son indépendance fin 1991. Une première guerre (1994-1996, plus de 50.000 morts) s'est soldée par la défaite des Russes et son indépendance de facto.
Le second conflit a débuté à l'automne 1999, lorsque les troupes russes sont entrées dans la république. Elles ont repris la capitale Grozny en 2000, alors que la guérilla s'étendait peu à peu aux républiques voisines.
En avril 2009, Moscou a décrété la fin de "l'opération antiterroriste" en Tchétchénie, bien que les attaques et les attentats y restent fréquents.
- DAGUESTAN: La plus grande république du Caucase russe a été le théâtre en 1999 d'incursions de rebelles tchétchènes qui ont provoqué le second conflit russo-tchétchène.
Cette république est désormais l'une des plus instables de la région et les attaques contre les autorités y sont quotidiennes.
C'est au Daguestan que les autorités russes ont tué en août un chef rebelle présenté comme l'organisateur du double attentat suicide fin mars dans le métro de Moscou (40 morts).
- INGOUCHIE: Voisine de la Tchétchénie, elle est l'une des républiques les plus pauvres de Russie. La rébellion y est particulièrement active. Son président, Iounous-Bek Evkourov, a été grièvement blessé en juin 2009 dans un attentat.
- OSSETIE DU NORD: Cette république caucasienne, théâtre de l'attentat de jeudi, est la seule à majorité chrétienne. Elle abrite la principale base militaire russe dans la région.
En 1992, un conflit (plus de 500 morts) a opposé l'Ossétie du Nord à l'Ingouchie et les tensions restent vives entre ces deux républiques.
En 2004, l'école de la ville de Beslan a été le théâtre de la prise d'otages la plus meurtrière de l'histoire menée par un commando rebelle (plus de 330 morts, parmi lesquels 186 enfants).
- KABARDINO-BALKARIE: En juillet, une centrale hydroélectrique a été la cible d'un attentat meurtrier.
En octobre 2005, la capitale Naltchik a été le théâtre d'une attaque rebelle (137 morts dont 92 assaillants), revendiquée par le désormais défunt chef de guerre tchétchène Chamil Bassaïev.