Un Républicain de Guingamp

Site d'information de Philippe Le Roux Ancien cadre local et national du RPR, de l'UMP et de LR Délégué de la Circonscription de Guingamp Conseiller auprès du Directeur général de l'UMP et Conseiller politique du Président de la République

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Marée noire: la Nature, un puissant détergent… quand on l'aide

 

C'est la bonne nouvelle du jour: les trois-quarts du pétrole déversés dans le Golfe du Mexique depuis trois mois ont été éliminés, grâce aux moyens de lutte mécaniques et chimiques et à l'action auto-nettoyante de la nature.

Selon un rapport de l'Agence océanique et atmosphérique américaine (NOAA) publié mercredi, 17% des 4,9 millions de barils répandus ont été récupérés à la source même du puits. Le reste se décompose comme suit: 5% ont été brûlés; 3% récupérés en surface; 8% dispersés par des solvants chimiques; 25% se sont "évaporés ou dissous", au point de devenir indétectables et 16% se sont "dispersés naturellement en fines gouttelettes".

"Ces gouttelettes sont si fines qu'elles ne remontent même plus à la surface: elles vont rester dans l'eau, jusqu'à être dégradées par les bactéries, particulièrement nombreuses dans le Golfe", explique à l'AFP l'expert français George Peigne, directeur adjoint du Centre de documentation, de recherche et d'expérimentation sur les pollutions accidentelles des eaux (CEDRE, à Brest).

"Les bactéries ont une action de biodégradation bien connue qui permet aussi de dégrader des déchets humains, par exemple. On a même vu des bactéries  attaquer à certains endroits le bitume des routes", ajoute-t-il.

Or, une chance: les bactéries prolifèrent dans les eaux du Golfe du Mexique en raison des activités d'extraction pétrolière et de la température chaude des eaux, qui favorisent leur développement, poursuit M. Peigne.

Par ailleurs, l'effet même de l'agitation de l'océan aide à disloquer le pétrole: "Elle peut même suffire parfois à venir à bout d'une marée noire, comme au large des îles Shetlands en 1993, après le naufrage du Braer", un pétrolier libérien, rappelle l'expert.

Est-ce à dire qu'on aurait pu laisser Mère Nature gérer seule la catastrophe? "En un sens oui, mais ça aurait pris des années, au moins dix ans".

Mais quand on parle d'évaporation, M. Peigne est plus nuancé: "Evaporé, ça veut dire parti en nuage, dans l'air. Certes, le pétrole n'est plus dans les eaux ou sur les rivages, mais c'est devenu comme un gaz d'échappement, ça ne disparaît pas pour autant".

Pour M. Peigne, cette estimation de "75% ce n'est pas une surprise, c'est même très cohérent. On peut même espérer que plus de 75% de la marée noire a été éliminé, soit par la nature, soit par des moyens de lutte".

Restent les 25% (plus d'1,2 million de t) toujours en mer ou échoués sur les côtes américaines où ils s'enfoncent dans les sédiments et les sables.

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