18 Décembre 2009
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Le président français répète à la tribune de l'ONU qu’"un échec est interdit à Copenhague"
"Nous ne sommes pas ici pour un colloque sur le réchauffement, nous sommes ici pour prendre des décisions." Nicolas Sarkozy s'est placé sur le terrain de l'action, à l'occasion d'une diatribe passionnée jeudi après-midi à la tribune des Nations-Unis, à Copenhague.
"Un échec est interdit", a répété le président français, qui exhorte les pays participants à "changer de braquet" et à "faire des compromis".
Réunion dans la soirée
Nicolas Sarkozy a appelé les principaux dirigeants des régions du monde à se réunir dans la soirée pour "négocier sérieusement" à moins de vingt-quatre heures de la clôture du sommet sur le climat.
Il s’est ensuite adressé aux pays africains, en expliquant qu’ils seraient les premiers lésés par un échec du sommet. : "Amis africains, ne vous laissez pas voler cet accord."
"Donnons-nous six mois"
En conclusion de ce discours plein d’emphase de seulement sept minutes, le président appelle à se mettre d’accord sur un "chapeau politique". "Travaillons cette nuit d’arrache pied et donnons-nous six mois pour transformer ce texte politique en accord juridique", propose-t-il.
"Qui osera dire que l’Afrique et les pays les plus pauvres n’ont pas besoin de l’argent, des 10 milliards de dollars pour les trois premières années et des 100 milliards d’euros à partir de 2020 ?
Qui osera dire qu’il est contre que cet argent soit donné aux plus pauvres ? Qui osera le dire, à cette tribune ou ailleurs ?
Je le dis à mes amis africains, si nous n’avons un accord, vous serez les premières victimes. Ne vous laissez pas voler cet accord dont vous avez besoin.
Qui osera dire que nous n’avons pas besoin d’un financement innovant qui taxera les transactions financières pour trouver les moyens de sauver la planète de la catastrophe attendue ? Qui osera à cette tribune dire : « on n’a pas besoin de financement innovant » ?
Troisième élément, qui osera dire à cette tribune qu’il ne faut pas un organisme, dont nous pouvons débattre à satiété de sa nature et de sa composition, pour comparer le respect des engagements de chacun ?
Qui osera dire que la transparence, c’est fait pour toute l’humanité sauf pour lui ? Qui osera le dire ? Qui osera venir à cette tribune pour dire cela ?
Qui osera dire que les 2 degrés d’augmentation de la température ne passent pas par la réduction de 50% des émissions dont 80% pour nous les pays riches, parce que nous avons une responsabilité historique ? Qui osera contester cette réalité historique ? Qui osera la contester ?
Qui osera contester le fait que sur l’argent que nous sommes prêts à utiliser, il faut en donner une partie significative pour les pays qui ont ce bien universel que sont les forêts et qui n’ont pas les moyens de gérer seuls le coût de la gestion de ce patrimoine mondial de l’humanité ? Qui osera le dire ? Qui osera venir ici pour contester cette réalité ?
Qui osera contester que les pays pauvres d’Afrique, les pays pauvres d’Asie, voire l’Inde, n’ont pas besoin de l’argent que nous sommes prêts à mobiliser et qu’ils ne peuvent pas être traités dans les mêmes conditions que ces géants de demain et d’aujourd’hui que sont le Brésil ou la Chine ? Qui osera le dire ? "
"Négocions cette nuit d’arrache-pied et demain, entérinons tous ensemble l’accord qui aura été posé et donnons nous six mois après la conférence de Copenhague pour transformer ces engagements politiques en texte juridique.
Mesdames et Messieurs, pas un seul d’entre nous ne s’en sortira s’il n’est pas à la hauteur de la responsabilité historique de Copenhague. La question est posée maintenant, tout de suite. C’est tout de suite qu’il faut commencer à négocier. Sachez en tous cas que la France et l’Europe y sont prêtes. "