16 Juin 2010
La réforme de la première année de médecine, qui se met en place à partir de la rentrée, permettra de "lutter contre le gâchis humain que représentait pour une majorité d'étudiants la première année de médecine" qui se soldait par 80% d'échec, a déclaré mercredi Valérie Pécresse.
La ministre de l'Enseignement supérieur présentait aux doyens d'université les principaux points de la réforme de la première année de médecine qui entre en vigueur en deux temps, à la rentrée 2010 et à la rentrée 2011.
"L'objectif premier est la lutte contre le gâchis humain que représentait pour une majorité d'étudiants la première année de médecine ou de pharmacie", a déclaré Mme Pécresse, selon une copie de son discours.
Pour les quelque 60.000 étudiants en médecine et pharmacie inscrits chaque année en médecine et pharmacie, c'est "l'échec pour 80% d'entre eux en médecine et 70% en pharmacie", a-t-elle ajouté.
Mme Pécresse a rappelé les principaux points de la réforme: instauration d'une première année commune pour les étudiants en médecine, pharmacie, dentaire et sage-femme, sanctionnée par quatre concours différents, réorientation possible pour les étudiants en échec dès le premier semestre, passerelles d'accès en deuxième ou troisième année d'études de santé pour des étudiants d'autres filières.
"Le contenu des enseignements" de la première année va aussi être rénové, avec un "premier semestre dédié au tronc commun" et un second semestre où seront introduits "des enseignements spécifiques".
Par ailleurs, un étudiant en 3e année de médecine qui regretterait son choix pourra exercer un "droit au remords" et s'orienter par exemple vers le dentaire.
Le financement de la réforme est assuré par les crédits dévolus au plan Réussir en Licence, selon Mme Pécresse.
D'origine parlementaire, inspirée des propositions en 2008 du secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences Jean-François Bach, cette loi avait été adoptée par le Parlement le 22 juin 2009.
réforme contre l'échec en 1ère année
Tronc commun aux filières santé mais concours distincts, possibilités de réorientation précoce : la réforme de la première année de médecine, présentée mercredi par Valérie Pécresse, vise à lutter contre un taux d'échec de 80%.
Jusqu'à présent, le classement en fin d'année ne permettait qu'aux étudiants les mieux placés au concours de pouvoir choisir leur filière. Désormais, ils pourront choisir de passer le ou les concours qu'ils souhaitent. Le contenu des enseignements est modifié avec un tronc commun au premier semestre et des enseignements spécifiques au second.
A noter que la réforme ne remet pas en cause le numerus clausus (7.403 places en 2009-2010 en médecine, 1.154 en odontologie, 1.016 en sage-femme et 3.090 en pharmacie).
Autre disposition, qui entrera en vigueur au plus tard à la rentrée 2012: les étudiants en échec à la fin du premier semestre pourront à cette date se réorienter, en licence scientifique ou non.
En outre, le redoublement ne sera autorisé que pour les étudiants dont le rang précèdera 2,5 fois le numerus clausus.
Par ailleurs, dans l'autre sens, des passerelles permettront à des étudiants d'autres filières (diplômés d'école de commerce grade master, diplômés d'instituts d'études politiques grade master, ingénieur diplômé, diplômé docteur vétérinaire, diplômé sage-femme etc) d'intéger les études de santé en deuxième ou troisième années.
Cela doit "permettre par exemple à des infirmières motivées de devenir médecins", a expliqué Mme Pécresse.
Interrogée par l'AFP, l'Anemf (Association nationale des étudiants en médecine de France, membre de la Fage), très "favorable à la réforme sur le papier", s'est dite inquiète du fait que "selon de premières remontées pour l'an prochain, seules certaines universités jouent le jeu en réformant en profondeur, beaucoup mettant en place une réforme a minima".