20 Juin 2010
Voici un état des lieux du débat dans chacun de ces pays du G20 au moment de discuter de l'architecture de leur régulation financière avec leurs partenaires lors du sommet de samedi et dimanche à Toronto (Canada).
ETATS-UNIS
Le pays à l'origine de la crise financière mondiale a entrepris il y a plus d'un an un vaste chantier de réforme de la régulation financière, qui est toujours ouvert. La Chambre des représentants, qui a adopté une loi en décembre, et le Sénat, qui a adopté la sienne en mai, discutent depuis le 15 juin de la façon de réconcilier les deux textes. Cette réforme devrait mettre fin aux nombreuses lacunes qui ont permis aux banques de prendre des risques exagérés.
JAPON
Vacciné des excès de la finance par l'éclatement d'une bulle spéculative dans l'immobilier en 1990, l'archipel a vu ses banques traverser la crise financière sans trop d'encombres. Il fait confiance à son système de régulation, qui prévoit notamment une garantie des dépôts de 10 millions de yens (110.000 euros) par compte bancaire.
CHINE
Dans un système où la finance comme le reste de l'économie est étroitement contrôlée par l'Etat, le débat tourne autour des mesures nécessaires pour brider la création monétaire. Pékin a tâché de refroidir en particulier le marché de l'immobilier, en restreignant le crédit et les conditions d'achat. La banque centrale a relevé par trois fois depuis le début de l'année le taux de réserves obligatoires des banques.
UNION EUROPEENNE
Bruxelles tâche de coordonner les efforts des Vingt-Sept dans le renforcement de la surveillance de certains domaines du secteur financier. Le Parlement européen et les Etats membres discutent pour encadrer les fonds spéculatifs et de capital-investissement, mettre en place une nouvelle architecture communautaire de supervision financière, mieux contrôler les agences de notation et encadrer les bonus.
ALLEMAGNE
L'Allemagne a frappé un grand coup, irritant une partie de ses partenaires, quand le gendarme allemand des marchés, Bafin, a interdit fin mai les ventes à découvert à nu sur les obligations d'Etat. Le gouvernement projette d'aller encore plus loin dans ce domaine (actions, produits dérivés).
FRANCE
Le Parlement examine un projet de loi de "régulation bancaire et financière", qui renforce notamment les pouvoirs de l'Autorité des marchés financiers (AMF), pour enregistrer et contrôler les agences de notation, et pour interdire les ventes à découvert en cas de circonstances exceptionnelles.
GRANDE-BRETAGNE
Le nouveau gouvernement conservateur a dévoilé un projet de réforme de la régulation qui doit notamment supprimer la FSA (Financial Services Authority), pour renforcer les pouvoirs de la Banque d'Angleterre (BoE).
ITALIE
L'Italie, qui n'a pas dû recapitaliser ses banques, a maintenu sa confiance dans son système de régulation. La banque centrale a renforcé depuis 2009 ses contrôles sur le niveau de fonds propres et fixé des critères sur les rémunérations dans le secteur bancaire.
CANADA
L'hôte du G20, dont les banques se sont très bien portées par rapport à leurs voisines américaines, considère son système de régulation bancaire comme un modèle pour le reste du monde. Ses banques, soumises à une surveillance étroite, ont pris des risques mesurés et en ont été récompensées.
BRESIL
Ce pays soumet traditionnellement ses banques à de fortes exigences en matière de fonds propres. La crise a amené les autorités à renforcer leur vigilance contre une croissance démesurée du crédit.
COREE DU SUD
Séoul a mené de vastes réformes après la crise asiatique, qui a failli dévaster tout son système financier en 1997 et 1998. Elles ont prouvé leur bien-fondé quand les banques du pays ont été relativement épargnées par la crise mondiale une décennie plus tard.