4 Décembre 2021
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Victorieuse face à Éric Ciotti, la présidente de la région Île-de-France représentera sa famille politique au scrutin du printemps prochain.
Entourée d'Éric Ciotti et de Christian Jacob, puis de tous les anciens candidats du congrès, Valérie Pécresse a changé de statut. Samedi, alors que la foule - soutiens politiques et militants, élus et parlementaires LR, journalistes français et étrangers - se presse au siège des Républicains, la présidente de la région Île-de-France est devenue la candidate de la droite pour la présidentielle en remportant le Congrès des Républicains face à Éric Ciotti (60,95% contre 39,05%). «J'ai une bonne nouvelle, la droite républicaine est de retour!», s'est réjouie Valérie Pécresse en annonçant son fil rouge : «autorité, liberté, dignité». «Je vais tout donner» pour la victoire, «je n'ai pas la main qui tremble contre les ennemis de la République. (...) Aujourd'hui tout commence.» Et d'ajouter à l'attention d'Eric Zemmour et Marine Le Pen: «nul besoin d'être extrémiste pour être offensif»
Si le résultat était attendu, y compris par son adversaire, le score obtenu par le député des Alpes-Maritimes montre qu'il faudra compter avec lui dans la campagne présidentielle qui s'ouvre. «Valérie a l'immense responsabilité d'amener notre famille politique vers la victoire», a indiqué Éric Ciotti en félicitant la nouvelle leader de la droite. «Je veux que nous conduisions ensemble ce beau combat, que nous livrions côte à côte cette campagne». Dès lundi, Valérie Pécresse et Éric Ciotti seront dans les Alpes-Maritimes, ensemble, dans le village du député, à Saint-Martin-Vésubie.
Longtemps sous-estimée par une partie de ses adversaires et de sa famille politique, Valérie Pécresse, refusant de jouer les seconds rôles, a montré dans la campagne sa détermination à aller jusqu'au bout sur un projet de «franche rupture». «J'ai envie de gagner. J'assume d'avoir un projet puissant, à droite, et réformateur. Je ne lâche jamais rien», répète-t-elle. Avec, à ses côtés, son solide directeur de campagne, Patrick Stefanini. «Comme quoi les vieilles troupes ont toujours raison», a écrit l'ancien patron de LR, Laurent Wauquiez, à Brice Hortefeux, le sarkozyste étant un des premiers à soutenir la présidente d'Île-de-France.
Valérie Pécresse doit désormais rassembler la droite même si, de l'aveu de tous, la campagne interne «s'est bien passée». Les candidats comme les élus ont tous rendu hommage à l'implication du président du parti, Christian Jacob, pour la bonne organisation de la campagne. «Il a mis tout le monde autour de la table et personne n'a cassé de vaisselle», se réjouit Brice Hortefeux.
«La France est à droite, elle attend que la droite assume ses idées»
Dans ce contexte, les premières déclarations et décisions de Valérie Pécresse, seront très observées. Quelle place fera-t-elle à Éric Ciotti dans la campagne présidentielle ? Les deux finalistes, qui s'entendent bien et avaient les deux projets les plus proches, se sont longuement parlé vendredi. Le député des Alpes-Maritimes n'entend pas être un élu LR parmi d'autres dans le dispositif alors qu'il a été vainqueur du premier tour avec 25,5% des suffrages, sur une ligne «de droite assumée».
«Je suis au cœur de la droite. J'ai un programme de droite assumée, mais je peux rassembler la droite sociale de Xavier Bertrand, la droite européenne de Michel Barnier, la droite des services publics de Philippe Juvin et la droite d'Éric Ciotti. Je peux faire la synthèse», affirmait Valérie Pécresse jeudi soir sur le plateau de BFMTV. Elle avait aussi répondu à la candidate du RN, Marine Le Pen, qui ironisait sur les scores proches des candidats au premier tour - «un quatre-quart» -, y voyant «une forme de division». «Comme Marine Le Pen est bretonne, j'imagine qu'elle aime le quatre-quarts et (avec Les Républicains) elle va en bouffer beaucoup» avait répliqué Valérie Pécresse.
«Aujourd'hui, la France est à droite, elle attend que la droite assume ses idées, une droite qui fait, une droite qui se réunisse», acquiesce Valérie Pécresse qui n'entend pas travailler, par exemple, avec les ex-LR passés chez Emmanuel Macron. «Avec le président de la République, il y a plus qu'une différence de ligne politique, il y a une différence de nature. Macron n'a qu'une obsession c'est plaire, moi je n'ai qu'une obsession c'est faire», a pris soin d'insister, samedi, Valérie Pécresse. «Je veux être dans cette campagne le garant de ces attentes et de ces engagements», a insisté Eric Ciotti à la tribune. «Je suis profondément convaincu que nous ne gagnerons qu'en tournant le dos à la prudence, source d'immobilisme».
Dès mardi, après un conseil stratégique aux Républicains, Valérie Pécresse retrouvera les parlementaires LR - députés, députés européens et sénateurs - au siège du parti. Mercredi, les quatre candidats battus au premier tour devraient se retrouver à ses côtés, pour un déjeuner autour de Christian Jacob et Gérard Larcher, au Sénat. L'occasion d'afficher plusieurs photos de famille.
À l'inverse de la campagne de 2016, tous les ténors LR et les élus ont le souci de réussir de réussir le rassemblement, condition nécessaire (mais pas suffisante) pour remporter la présidentielle en avril prochain. Le grand meeting de lancement de la présidentielle, voulu par Xavier Bertrand notamment pendant la campagne, et qui devait avoir lieu le 11 décembre porte de Versailles sera néanmoins annulé pour cause de Covid. Plusieurs fédérations LR ont fait remonter au siège leur inquiétude d'un «cluster géant».