26 Juin 2024
Un peu plus de deux semaines après les élections européennes, la configuration des futures institutions de l’Union européennes commence à se mettre en place de façon, de plus en plus définitive. L’Allemande Ursula von der Leyen a désormais la quasi-certitude d’être reconduite pour cinq ans, l'ex-Premier ministre portugais Antonio Costa deviendrait le président du Conseil et la Première ministre de l'Estonie Kaja Kallas prendrait la tête de la diplomatie de l'UE.
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Les six négociateurs des partis majoritaires se sont réunis par visioconférence et ils ont gravé dans le marbre leurs nominations pour les postes des trois dirigeants des institutions européennes. Ils l’ont gravé dans le marbre, mais uniquement pour ce qui concerne leurs trois familles politiques, souligne notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet. Le PPE au centre-droit, arrivé premier et de loin, est représenté dans quatorze gouvernements sur 27.
Ses négociateurs sont le Premier ministre polonais Donald Tusk et son homologue grec Kyriakos Mitsotakis. Les sociaux-démocrates, en léger recul, dans cinq gouvernements représentés par l’Allemand Olaf Scholz et l’Espagnol Pedro Sánchez. Les centristes-libéraux de Renew, en net recul, cinq gouvernements, avec Emmanuel Macron et le Néerlandais Mark Rutte au pilotage. Ces trois familles politiques obtiennent 402 sièges dans l’hémicycle (quinze de moins que dans le Parlement sortant) et ont décidé qu’elles allaient reconduire leur coalition.
Lors du sommet-dîner du 17 juin, ils avaient déjà dessiné le tiercé gagnant et dans la foulée, ils le confirment désormais. À droite, Ursula von der Leyen est reconduite à la tête de la Commission, à gauche l’ex-Premier ministre portugais António Costa pour la présidence du Conseil européen et l’Estonienne Kaja Kallas comme cheffe de la diplomatie de l’Union.
Même si évidemment, cette décision devra être prise par les 27 lors du sommet du jeudi 27 et vendredi 28 juin 2024 à Bruxelles. Une large majorité de gouvernements est déjà acquise pour cette décision qui sera prise à la majorité dite qualifiée soit au moins quinze pays représentant 65% de la population de l’UE.
Une « bonne décision » pour le chef des conservateurs allemands, « les graines de la division » pour le Premier ministre hongrois Viktor Orban
Le président du parti conservateur allemand, la CDU (dont est issue Ursula von der Leyen), Friedrich Merz, a confirmé l'accord à Berlin, avant une réunion de son groupe parlementaire à la Chambre des députés. « Les chefs d'États et de gouvernements se sont mis d'accord ce matin lors d'une visioconférence pour proposer Ursula von der Leyen pour un deuxième mandat », a-t-il indiqué, se réjouissant d'une « bonne décision ».
« L'accord que le PPE a fait avec les gauchistes et les libéraux va à l'encontre de tout ce sur quoi l'UE est basée. Au lieu d'inclure, elle sème les graines de la division. Les plus hauts responsables de l'UE devraient représenter tous les États membres, et pas seulement les gauchistes et les libéraux », a fustigé sur X Viktor Orban, qui doit rencontrer Emmanuel Macron mercredi 26 juin à Paris pour un déjeuner de travail.
Cette rencontre avec Emmanuel Macron pourrait être l’occasion d’évoquer pour la Hongrie un portefeuille important pour son futur commissaire européen, une sorte de prix de consolation, tout comme pour l’Italie, dont la Première ministre Giorgia Meloni réclame une place plus importante en Europe. Ce qui pourrait provoquer des tensions lors du sommet européen.