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Un Républicain de Guingamp

Site de Philippe LE ROUX, ancien Délégué de la quatrième circonscription des Cotes-d'Armor et Conseiller auprès du Directeur général de l'UMP, Conseiller politique du président de la République, chargé des grands projets de l'UMP

Principaux points du discours de Bruneau Retailleau

Publié le 22 Juin 2026 par Philippe LE ROUX - ancien Délégué de la Circonscription in Présidentielle

Un peu plus d'un an après son élection à la présidence de LR, avec plus de 75 % des suffrages exprimés, l'ancien ministre de l'Intérieur Bruno RETAILLEAU, sénateur de la Vendée, a lancé samedi sa campagne pour l'élection présidentielle, lors d'un grand meeting au Parc floral de Vincennes.
Alors qu'il avait laissé entendre à plusieurs reprises qu'il pourrait se retirer avant la fin de l'année si les enquêtes d'opinion ne lui étaient pas favorables, l'ancien président du groupe LR au Sénat, crédité de 8 à 10 % des intentions de vote au premier tour, confirmant ce qu'il avait dit devant les membres de son groupe la semaine dernière, a annoncé vouloir aller "jusqu'au bout de cette présidentielle", voulant mettre ses "tripes, (son) cœur sur la table", lors de son intervention sans note.
"Je pense que cette élection présidentielle est la plus importante depuis un demi-siècle. Je pense que c'est l'élection de la dernière chance. La France a rendez-vous avec son destin et son avenir. Il n'y aura pas de demi-mesure. Ce sera soit l'effondrement, soit le relèvement. Mais bientôt, la France va pouvoir se relever, bientôt nous allons faire gagner la France, nous allons relever la France", a déclaré M. Bruno RETAILLEAU, ajoutant : "Je vous fais le serment de gagner en 2027, oui c'est possible".

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"Remettre la France à l'endroit" après les mandats de M. Emmanuel MACRON
Ministre de l'Intérieur de septembre 2024 à octobre 2025, dans les gouvernements de MM. Michel BARNIER et François BAYROU, qu'il a qualifiés de gouvernements de "cohabitation", M. RETAILLEAU, qui a souhaité exclure de LR les six membres du gouvernement actuel qui appartenaient au parti de droite, a vivement critiqué le bilan du président de la République, M. Emmanuel MACRON.
"Des millions de Français nous disent que cela va mal, que la France marche à l'envers. Après dix ans d'En Marche, plus rien ne marche", a déclaré le président de LR. "Après 10 ans d'Emmanuel MACRON, plus rien ne marche. Ils ont mis la France à l'envers, je vous propose, demain, comme président de la République, de remettre la France à l'endroit", a-t-il poursuivi, énonçant ainsi ce qui pourrait être un slogan de campagne.
"La politique internationale, c'est comme la politique intérieure. Le Général de GAULLE nous a appris à ne pas distinguer les deux. Parce que quand vous êtes faibles chez vous, quand vous ne tenez plus vos comptes et la rue, comment voulez-vous que votre voix puisse peser en Europe et dans le monde ?", a poursuivi M. RETAILLEAU, avant d'ajouter : "Si nous ne voulons pas demain subir les désordres du monde, il va falloir remettre de l'ordre chez nous, dans nos affaires. La politique étrangère française ne commence pas à Washington ou à Pékin, mais elle commence ici, dans nos rues, dans nos comptes, dans nos écoles".
"Réviser la Constitution" pour ne "plus subir"
Le président de LR, dans une référence, implicite, au gaullisme, a redit sa volonté de ne "plus subir", en faisant l'une des phrases clés de son discours, et s'en est pris aux décisions du Conseil constitutionnel sur plusieurs textes législatifs en matière de justice et de sécurité.

"La source de la règle, c'est la souveraineté populaire, mes amis. Cette dépossession démocratique, nous y mettrons fin. Vous ne subirez plus, vous choisirez", a-t-il déclaré. Le président de LR veut ainsi "rendre la parole au peuple, en étendant le champ du référendum par une réforme constitutionnelle de l'article 11", "pour que les Français puissent se saisir de leur destin".
Reste que l'extension du champ du référendum par l'article 11 suscite de nombreuses controverses depuis de bon nombre d'années.

Réformer la Justice et l'école
Le sénateur de la Vendée veut placer la Justice et l'école au centre des débats.
Alors que l'affaire Lyhanna suscite de vives controverses autour précisément du fonctionnement de la Justice, le président de LR a redit vouloir une "justice intraitable". "Ça suffit l'impunité pour de jeunes mineurs qui sont ultra-violents, ça suffit de voir des pédocriminels extrêmement dangereux" a poursuivi l'ancien ministre de l'Intérieur, proposant de nouveau "la castration chimique sans leur consentement".


"Tu casses-tu répares, cette menace-là, c'est pour gronder les enfants qui ont fait des bêtises, mais ça ne va pas effrayer les barbares auxquels nos policiers, nos gendarmes ont à faire", a affirmé M. RETAILLEAU, critiquant implicitement les propositions de l'ancien Premier ministre Gabriel ATTAL, lui aussi candidat à l'élection présidentielle. "Les candidats, qui n'assumeront pas la radicalité des mesures ne méritent pas la confiance des Français", a-t-il ajouté. Il a de nouveau souhaité la suppression du juge d'application des peines et la création d'une cour disciplinaire pour les magistrats.
Proposant par ailleurs de faire de l'école et de l'éducation "une bataille fondamentale, car c'est la mère de toutes les batailles", le sénateur de la Vendée veut "l'école française, l'école républicaine", ce qui nécessite de "d'abord refaire des maîtres d'école et des professeurs". Il propose ainsi de "les former différemment, dans des écoles normales, avec une formation en alternance", revenant ainsi au principe initial des écoles normales. "Il faudra aussi se recentrer sur le métier d'enseignant et ne pas leur demander ce qu'ils ne peuvent pas faire, du tri des déchets jusqu'à la lutte contre les discriminations. Revenons à l'essentiel : le métier d'enseignant !", a lancé l'ancien président de conseil départemental et de Conseil régional.
Un nouveau modèle social, une immigration choisie et une "écologie de droite"
M. Bruno RETAILLEAU a par ailleurs dénoncé le modèle social actuel, qui "sacrifie les classes moyennes", dont il veut faire le noyau dur de son électorat.
"L'argent est détourné" a-t-il affirmé, poursuivant : "aujourd'hui, tout le système repose sur une immense injustice : on prend à ceux qui travaillent pour donner à ceux qui ne travaillent pas. Aujourd'hui, 30 % des Français qui travaillent soutiennent l'ensemble de notre modèle social, cela ne peut plus tenir. Car une fois de plus, la classe moyenne est une nouvelle fois sacrifiée". "La santé ne marche plus aussi. L'ascenseur social ne marche plus non plus. Parce que désormais, pour beaucoup de Français, le travail ne permet plus de vivre, mais de survivre", a-t-il regretté.
"Je ne suis pas pour l'immigration zéro, il y a sûrement qu'en Corée du Nord que ça fonctionne", a par ailleurs déclaré le candidat de LR à l'élection présidentielle, répondant implicitement aux critiques qui lui sont régulièrement adressées dans ce domaine, lui reprochant d'avoir un discours identique à celui du RN.

"Ce que je veux, c'est que nous puissions choisir ceux que nous voulons accueillir. Car sinon, l'alternative, ce sera de nous faire déborder par des populations que nous ne choisirons pas, qui ont des codes et une culture brutalement, radicalement opposés à la nôtre et qui surtout, ne veulent plus s'intégrer", a déclaré le sénateur de la Vendée.

"Il y a une écologie de droite, et nous ferons cette écologie-là, qui sera une écologie du bon sens, qui ne punira pas, qui ne dénoncera pas, qui n'interdira pas, et nous aurons tellement plus de résultats", a par ailleurs déclaré M. RETAILLEAU.
 

Les Français ne veulent pas de la "Nouvelle France" de LFI
Sans surprise, le président de LR a vivement critiqué LFI. La formation d'extrême gauche, c'est "la brutalisation du débat public, la violence, un nouvel antisémitisme", a-t-il déclaré. "Ils sont en train de racialiser tous les débats, tout doit passer au tamis de la couleur de la peau. Nous sommes Français, non pas à raison de la couleur de peau, non pas à raison des origines, mais par le cœur", a assuré le sénateur de la Vendée. LFI "ne gagnera pas cette présidentielle" car "les Français ne veulent pas de cette Nouvelle France", qui est "un nouvel antisémitisme qui s'abreuve aux sources de l'islamo-gauchisme", et "un nouveau racialisme", a lancé M. Bruno RETAILLEAU. Les Français "savent que cette Nouvelle France, ce serait tout simplement la fin de la France", a-t-il poursuivi. "Ce que nous voulons, nous, c'est la France, tout simplement", a ajouté l'ancien ministre de l'Intérieur, selon lequel "la France, ce n'est pas la nouvelle France et l'ancienne France. La France, ce n'est pas la France des Blancs d'un côté et de l'autre la France des ‘racisés'. La France, ce n'est pas la France des riches d'un côté, la France des pauvres de l'autre".

La présence de M. Boualem SANSAL, qui s'est engagé à "très probablement voter pour lui", a aussi donné à M. RETAILLEAU l'occasion de marquer encore plus ses distances avec la macronie, lui qui avait voulu instaurer, sans succès, un "rapport de force" avec Alger pour obtenir sa libération quand il était ministre de l'Intérieur. "Il est plus qu'un symbole, puisqu'il est devenu une légende", a proclamé le président de LR, en allusion au titre du dernier livre de l'auteur franco-algérien, publié chez Grasset, maison d'édition appartenant à M. Vincent BOLLORE. Il a également appelé à la libération du journaliste Christophe GLEIZE, toujours détenu en Algérie.
Au-delà de M. SANSAL, les regards étaient concentrés sur le premier rang pour identifier les présents, mais aussi les absents au sein d'un parti qui s'est souvent caractérisé par la dispersion de ses leaders. L'image d'une "famille politique unie" a certes été donnée par les présences du président du Sénat Gérard LARCHER ou de l'ancien Premier ministre Michel BARNIER, qui avait mis le Vendéen sur orbite il y a deux ans en le nommant Place Beauvau. La présidente du Conseil régional d'Ile-de-France Valérie PECRESSE avait également fait le déplacement, de même que le maire de Troyes François BAROIN, figure emblématique de LR. Mais cette image d'unité a été mise à mal par les absences de plusieurs figures, dont celle du président du groupe DR à l'Assemblée nationale Laurent WAUQUIEZ, qui plaide pour une "primaire ouverte" afin de désigner un candidat unique à droite, ou celle du président du Conseil régional des Hauts-de-France Xavier BERTRAND, qui nourrit des ambitions présidentielles. Sans oublier celle des six membres du gouvernement de M. Sébastien LECORNU suspendus du parti.

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Mme Marion MARECHAL tend la main à M. RETAILLEAU
L'eurodéputée Marion MARECHAL a tendu la main hier à M. RETAILLEAU. "Moi, je ne comprends pas ce qui, idéologiquement, nous empêcherait de travailler ensemble, si ce n'est, une fois de plus, des petites logiques partisanes, des petits calculs électoraux", a-t-elle affirmé sur BFMTV. "Si j'écoute Bruno RETAILLEAU et qu'il est sincère dans ce qu'il dit – ce que je crois – qu'est ce qui aujourd'hui est irréconciliable entre lui et moi ou lui et le camp national au sens large ?", s'est interrogée l'eurodéputée. "Si on a vraiment une menace de La France insoumise (...), à un moment donné, il faut que cette droite prenne ses responsabilités (...) Et quand on est à 8 % dans les sondages, on en tire les conclusions", a-t-elle expliqué.
Sur France 3, le vice-président du Rassemblement national, M. Sébastien CHENU, n'a pas tenu les mêmes propos, convaincu que "les Français choisissent toujours l'original plutôt que la copie, surtout lorsqu'on les a vus à l'oeuvre". Il a qualifié de "pathétique" le bilan de M. RETAILLEAU au ministère de l'Intérieur. "Il peut dire des choses dans un meeting devant 3000 personnes coincé entre Mme PECRESSE et M. LARCHER, et puis lorsqu'il est au gouvernement, faire l'inverse, c'est pas très crédible", a-t-il ajouté.


Selon l'ancien Premier ministre Edouard PHILIPPE, le sujet "n'est pas de rompre ou de ne pas rompre" avec le macronisme, mais de "faire"
De son côté, le président d'Horizons Edouard PHILLIPE, également candidat à l'élection présidentielle, estime que la question pour le prochain locataire de l'Elysée ne sera pas "de rompre ou de ne pas rompre" avec la macronie mais "de faire".
Dans un entretien à "La Tribune Dimanche", l'ancien Premier ministre a assumé de s'inscrire "dans une forme de continuité qui commence bien avant Emmanuel MACRON", notamment en matière de défense et de construction européenne. "Certaines mesures mises en œuvre lorsque j'étais Premier ministre (2017-2020, NDLR) allaient dans le bon sens", a-t-il ajouté, citant la réduction du déficit, "l'attractivité de la France pour créer des emplois, faire baisser le chômage, réindustrialiser le pays, transformer le marché du travail et développer l'apprentissage".

En revanche, il a mis en avant une conception différente de l'exercice du pouvoir. "J'observe que depuis Nicolas SARKOZY, les présidents ont souhaité au moins autant gouverner que présider. Ce n'est pas ma lecture de nos institutions", a souligné celui qui a appelé à plusieurs reprises au départ de M. MACRON depuis la dissolution ratée de 2024. Et de marteler n'être "ni un héritier, ni quelqu'un qui se renie", mais "un homme libre qui sait ce qu'il a fait, ce qu'il assume, ce qu'il veut changer".
Officiellement concurrencé dans le bloc central par le Secrétaire général de Renaissance et ancien Premier ministre Gabriel ATTAL et le président de LR Bruno RETAILLEAU, qui ont avec lui des points communs programmatiques sur le terrain des mesures régaliennes, M. PHILIPPE a dit "ne pas douter du sens des responsabilités" des deux hommes. En clair, il est convaincu qu'ils s'effaceront s'il est en position de force dans les sondages, qui le créditent pour l'instant de 15 à 19 % des intentions de vote au premier tour. "Quant à moi, je veux rassembler et je saurai prendre mes responsabilités", a-t-il promis. "Ma conviction, ma stratégie, c'est que pour l'emporter et pour faire avancer le pays, il faut un grand rassemblement de la droite et du centre", a répété le maire du Havre, qui tiendra son premier grand meeting de campagne le 5 juillet à l'Adidas Arena à Paris.

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