10 Juillet 2026
La commission d'enquête relative aux conséquences des accords du Touquet sur l'action publique et le respect des libertés et droits fondamentaux des personnes migrantes, a présenté hier ses conclusions, formulant sur le sujet des propositions (extrait ci-dessous).
Il est à noter que les membres de la commissions ne sont pas tous d'accord sur l'ensemble des proposions. Pour autant, tous considèrent que le travail mené a été sérieux et utile, et qu'il doit être versé au débat public".
Evoquant une "volonté commune d'agir pour alerter, empêcher les drames humains, lutter contre tout ce qui s'apparente à des traitements dégradants et à l'exploitation de la misère humaine", M. HUYGHE a vanté un travail destiné à "‘mettre sur la table' des éléments concrets pour un débat politique de fond à venir sur les modalités de la coopération franco-britannique", car en la matière "le statu quo n'est plus acceptable". "Je considère que si la renégociation globale des accords en vigueur était tenue en échec, la France n'aurait d'autre issue que de dénoncer les Accords du Touquet", a-t-il résumé.
"La France ne peut plus être la seule gardienne d'une frontière maritime qui n'est pas que la sienne, et surtout en assumer seule les conséquences humaines". Son littoral nord "est devenu le centre d'une crise humanitaire de longue durée dont notre pays ne maîtrise ni les causes, ni l'issue", et qui "ne peut plus seulement être gérée d'en-haut, par des accords internationaux et des financements toujours plus conséquents, année après année, échappant au contrôle des élus".
"Il est temps d'ouvrir un nouveau chapitre. Sans volonté de créer un rapport de force, sans capacité à remettre en question le cadre existant, rien ne changera", poursuit M. HUYGHE, en rappelant les termes du débat.
Et en premier lieu qu'"organiser officiellement l'attente d'un passage clandestin serait un contresens" pour la France. Car c'est bien "l'attractivité du Royaume-Uni (qui) demeure un facteur déterminant", insiste-t-il, en appelant le pays "à ses responsabilités, dans le cadre d'une coopération à l'échelle européenne".
A Londres, il indique que "l'ouverture de nouvelles voies de passage légales permettrait d'offrir des traversées sûres et accessibles, tout en portant un coup au modèle économique des réseaux de passeurs" ;
à Bruxelles, il rappelle "qu'à terme, aucune politique durable ne pourra reposer uniquement sur la surveillance des frontières". "L'Europe doit enfin agir sur les causes profondes des migrations : renforcer ses partenariats avec les pays d'origine et de transit, investir dans le développement, construire une véritable politique de coopération".