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Le Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan propose d'étendre la neutralité carbone aux importations d'ici 2060

Dans une note de Nicolas Riedinger, présentée par Clément Beaune, le HCSP juge que le cadre de l'Accord de Paris, fondé sur les émissions territoriales, crée un « passager clandestin » en ignorant les émissions importées. Les engagements actuels conduisent à 2,3-2,5 °C de réchauffement en 2100 (jusqu'à 2,8 °C). L'empreinte française atteignait 563 MtCO2e en 2024, soit une fois et demie les émissions territoriales brutes (367 Mt ; 315 Mt en net), les importations (284 Mt) dépassant les exportations (125 Mt). La SNBC 3 de juillet 2026 fixe pour 2050 une cible indicative d'empreinte de 160 à 215 MtCO2e, jugée insuffisante.

Le HCSP propose de transformer ces plafonds en objectif juridiquement contraignant de « neutralité en empreinte » en 2060, soit une baisse de 6 % par an, le solde étant compensé par les puits de carbone (60 Mt). Il faut porter l'objectif au niveau européen (empreinte de 4 000 Mt, dont 1 400 importées, soit −5,7 % par an), car l'effet de levier serait fort sur les exportateurs, la Chine pesant 11 % de l'empreinte française. La politique commerciale devrait dépasser la logique défensive du MACF (risque de « resource shuffling ») : engagements climatiques dans les accords de libre-échange, partenariats de décarbonation (comme avec l'Afrique du Sud), mesures miroir, clauses de contenu local. La note défend une stratégie à deux étages (neutralité territoriale en 2050, en empreinte en 2060), plus de sobriété (11 % seulement de la baisse dans la SNBC 3 ; alimentation 23 % de l'empreinte, transports 24 %, habitat 21 %), et la relocalisation comme « double dividende ». Elle reconnaît un renchérissement de certains biens et la nécessité d'une transition juste.

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