15 Septembre 2026
Dans une note de Nicolas Riedinger, présentée par Clément Beaune, le HCSP juge que le cadre de l'Accord de Paris, fondé sur les émissions territoriales, crée un « passager clandestin » en ignorant les émissions importées. Les engagements actuels conduisent à 2,3-2,5 °C de réchauffement en 2100 (jusqu'à 2,8 °C). L'empreinte française atteignait 563 MtCO2e en 2024, soit une fois et demie les émissions territoriales brutes (367 Mt ; 315 Mt en net), les importations (284 Mt) dépassant les exportations (125 Mt). La SNBC 3 de juillet 2026 fixe pour 2050 une cible indicative d'empreinte de 160 à 215 MtCO2e, jugée insuffisante.
Le HCSP propose de transformer ces plafonds en objectif juridiquement contraignant de « neutralité en empreinte » en 2060, soit une baisse de 6 % par an, le solde étant compensé par les puits de carbone (60 Mt). Il faut porter l'objectif au niveau européen (empreinte de 4 000 Mt, dont 1 400 importées, soit −5,7 % par an), car l'effet de levier serait fort sur les exportateurs, la Chine pesant 11 % de l'empreinte française. La politique commerciale devrait dépasser la logique défensive du MACF (risque de « resource shuffling ») : engagements climatiques dans les accords de libre-échange, partenariats de décarbonation (comme avec l'Afrique du Sud), mesures miroir, clauses de contenu local. La note défend une stratégie à deux étages (neutralité territoriale en 2050, en empreinte en 2060), plus de sobriété (11 % seulement de la baisse dans la SNBC 3 ; alimentation 23 % de l'empreinte, transports 24 %, habitat 21 %), et la relocalisation comme « double dividende ». Elle reconnaît un renchérissement de certains biens et la nécessité d'une transition juste.