6 Octobre 2026
Le Leem (Les entreprises du médicament) adresse aux candidats une feuille de route autour de trois priorités : modernisation des politiques sanitaires, souveraineté industrielle et financement pérenne, pour garantir « zéro perte de chance » aux patients.
(1) Un pilotage unifié : décisions fragmentées entre autorités françaises et européennes, aucun Conseil stratégique des industries de santé réuni depuis cinq ans ; le Leem demande une gouvernance co-construite et un responsable politique identifié, comptable devant le Parlement.
(2) Une loi de programmation pluriannuelle en santé, appuyée sur une veille prospective à cinq ans, la santé étant le seul grand domaine stratégique piloté à un an.
(3) La prévention, dotée de 2,6 % de la dépense de santé : à peine plus de la moitié des 65 ans et plus sont vaccinés contre la grippe (plus de 75 % au Danemark, en Irlande, au Royaume-Uni) et moins de 60 % des adolescentes contre les papillomavirus (plus de 80 % en Écosse).
(4) Reconnaître l'innovation : évaluation fondée sur la valeur globale, tableau de bord national annuel de la valeur thérapeutique, accès rapide sur tout le territoire.
(5) Valoriser les entreprises qui choisissent la France et l'Europe : production de 35,4 milliards en 2024 (+7 %) mais 7e rang européen contre 4e en 2019 ; la France est 4e en recherche clinique, avec environ 185 jours pour la première inclusion ; incitations fiscales, relocalisations, simplification.
(6) Élargir les accords État-entreprises : chaque euro investi dans les médicaments innovants génère 5,2 euros de retombées ; les « avoirs CSIS » pourraient couvrir recherche et essais cliniques.
(7) Sécuriser la disponibilité : le « zéro rupture » est inatteignable ; se concentrer sur les médicaments réellement critiques (la liste d'intérêt thérapeutique majeur couvre deux tiers des produits), s'aligner sur l'Europe et organiser des stocks européens communs.
(8) Repenser le financement : panier remboursable réévalué régulièrement, réflexion sur le rôle de l'assurance maladie obligatoire, des complémentaires et des ménages, pour éviter une médecine à deux vitesses.
(9) Le bon usage : les événements indésirables médicamenteux causeraient plus de 200 000 hospitalisations et une dizaine de milliers de décès prématurés par an.
(10) Les traitements post-brevet : chaque point de part de marché des génériques vaut environ 130 millions d'euros d'économies annuelles ; les biosimilaires, à 35 % de pénétration, rapporteraient 1 milliard par an à 50 % et 1,5 milliard à 70 % ; potentiel total de 1,5 à 4,5 milliards par an, grâce à un répertoire élargi, un accès simplifié et une substitution libéralisée en officine.