27 Avril 2007
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Elu, Nicolas SARKOZY abandonnera "toute fonction élective et partisane"
Nicolas Sarkozy a affirmé que s'il était élu président de la République le 6 mai, il abandonnerait "immédiatement toute fonction élective et partisane".
"Si je suis élu président de la République, j'abandonnerai immédiatement toute fonction élective et partisane", a déclaré le candidat UMP à la présidentielle.
M. Sarkozy est actuellement président de l'UMP et du Conseil général des Hauts-de-Seine.
Si c'est bien son Premier ministre qui conduirait "la bataille des législatives", M. Sarkozy s'engagerait toutefois pour demander "aux Français de lui donner une majorité au Parlement pour adopter le projet présidentiel".
Sarkozy: "pas candidat pour plaire à un petit milieu parisien"
Nicolas Sarkozy, candidat UMP à l'élection présidentielle, a déclaré jeudi soir qu'il n'était pas "candidat pour plaire à un petit milieu parisien", estimant qu'il "était peut-être pour quelque chose" dans la très forte participation au premier tour.
"Je paye quoi? Le fait que la vie politique française suscitait un ennui profond?", a-t-il déclaré sur France 2, interrogé dans l'émission "A vous de juger" pour savoir s'il "ne payait pas une certaine liberté de ton".
"S'il y a eu 84% de participation, j'y suis peut être pour quelque chose. Les débats que vous les journalistes vous n'aimez pas, peut être que les Français les apprécient, je veux dire les débats francs" a ajouté M. Sarkozy.
Il a déclaré que lorsqu'il avait "parlé de l'identité nationale, la totalité de la presse et des élites (le lui) avaient reproché".
Les déclarations de François Bayrou "ne lui ressemblent pas"
Nicolas Sarkozy a affirmé que les déclarations de François Bayrou, qui l'a durement attaqué mercredi, "ne lui ressemblent pas" et ont été "dictées par la déception et un brin d'amertume".
"Je réagis avec beaucoup de calme, car je sais faire la part de l'amertume et de la déception personnelle", a déclaré le candidat de l'UMP dans le cadre de l'émission "A vous de juger" sur France 2.
"François Bayrou et moi, nous nous connaissons très bien, nous sommes amis depuis bien longtemps et j'ai observé avec une certaine tristesse des déclarations qui ne lui ressemblent pas", a insisté le président de l'UMP, estimant que celles-ci "ne sont pas au niveau de la dignité que je souhaite pour le débat présidentiel".
Mercredi, lors d'une conférence de presse, François Bayrou avait stigmatisé la "proximité (de Nicolas Sarkozy) avec les milieux d'affaires et les puissances médiatiques", "son goût de l'intimidation et de la menace" et avait estimé que "par son tempérament et les thèmes qu'il a choisi d'attiser, il risque d'aggraver les déchirures du tissu social, notamment en conduisant une politique d'avantage au plus riche".
Sarkozy: "le débat doit avoir lieu entre ceux pour qui on peut voter"
Le candidat UMP à la présidentielle Nicolas Sarkozy a écarté l'idée de débats publics avec François Bayrou en estimant qu'entre le premier et le second tour, le débat devait "avoir lieu entre ceux pour qui on peut voter".
"Le débat contradictoire doit avoir lieu entre Mme Royal et moi, parce que le dimanche 6 mai (...) il n'y aura pas de bulletin Bayrou", ni "Le Pen", a déclaré M. Sarkozy, interrogé sur le souhait de la candidate socialiste Ségolène Royal et de M. Bayrou d'organiser un débat public entre eux.
"Pour la clarté du choix des Français, le débat doit avoir lieu entre ceux pour qui on peut voter, pas pour ceux qui n'ont pas été qualifiés", a-t-il ajouté.
"C'est un peu comme la finale de coupe du monde: elle se joue entre le premier et le second. On n'a jamais vu le troisième dire excusez moi la finale doit avoir lieu avec moi", a-t-il dit.
Il a en revanche réitéré son offre de dialogue politique avec le président de l'UDF, troisième du premier tour avec 18,57% et réaffirmé qu'il pourrait prendre des personnalités centristes au gouvernement s'il était élu.
Sarkozy n'envisage pas de recourir au référendum
Le candidat UMP à la présidentielle Nicolas Sarkozy ne projette pas de recourir au référendum, soulignant notamment qu'un président de la République qui organise une telle consultation doit "engager son destin politique" sur l'issue du scrutin.
"Si je suis élu (...) est-ce que vous croyez que je pourrai dire au pays (...) +j'ai encore besoin d'avoir votre opinion+? Après les législatives, il sera largement temps qu'on se mette au travail", a-t-il dit.
M. Sarkozy a aussi estimé que "le référendum voulu par le général de Gaulle n'était pas le référendum cantonal suisse", et qu'un président qui lançait un référendum devait "engager son destin politique" sur l'issue du scrutin, comme l'avait fait le premier président de la Vème république.
"capital de renouer avec le capitalisme familial"
Nicolas Sarkozy a affirmé jeudi qu'il est "capital de renouer avec le capitalisme familial", afin d'éviter les effets pervers de la propriété des entreprises par des fonds de pension établis à l'étranger.
Abordant le cas d'Arena, qui vient de délocaliser en Chine son entreprise de Libourne (Gironde), M. Sarkozy a précisé que l'entreprise "appartient à un fonds de pension italien localisé en Suisse".
"Quand on a des investisseurs français que l'on connaît et qui sont attachés à leur entreprise, ils ne délocalisent pas du jour au lendemain comme le font les fonds d'investissement et les fonds de pension, avec des dirigeants qui changent tout le temps et qui se moquent du tiers comme du quart de l'avenir des salariés", a-t-il développé.
"Si c'est une entreprise familiale, où on a l'entreprise dans la famille depuis des années, où on met son propre argent, où le chef d'entreprise habite sur le lieu et connaît les salariés, l'attitude n'est pas la même, il faut favoriser le capitalisme familial".
Selon M. Sarkozy, la présence massive des fonds de pension en France est due au fait qu'"on a découragé la présence de tous ceux qui voulaient investir".
"On fait une grande erreur en éloignant de notre territoire ceux qui veulent créer des richesses et ceux qui veulent investir, je le dis à tous ceux qui souhaitent la taxation du patrimoine", a-t-il affirmé: "J'en ai assez qu'on fasse la richesse de l'Angleterre, de la Suisse, et de tous les autres pays où on envoie tous ceux qui veulent investir en France".
"expérimenter la TVA sociale"
Nicolas Sarkozy a affirmé sa volonté d'"expérimenter la TVA sociale", estimant qu'il n'était plus possible de "continuer à taxer le travail".
"Je veux qu'on expérimente la TVA sociale, car on ne peut plus continuer à taxer le travail et je souhaite que les importations contribuent au financement de la protection sociale".
"L'Allemagne vient de le décider, le Danemark vient de le décider: il n'y a pas eu d'inflation, il n'y a pas eu d'augmentation des prix, ils ont relancé la croissance et ils sauvent des emplois", a-t-il argumenté pour défendre cette mesure très décriée à gauche, qui consiste à transférer sur la TVA une partie du financement de la protection sociale.
"Aujourd'hui, toute la taxation fiscale se fait sur le travail. Si on continue à taxer le travail, on va perdre encore des emplois. Je souhaite qu'on taxe la pollution, qu'on taxe les importations et qu'on réfléchisse sur le transfert d'une partie des charges sur les salaires, sur la consommation ce qui ne provoquera aucune augmentation des prix mais qui allègera le coût du travail, parce que je n'accepterai pas que toutes les usines s'en aillent", a-t-il poursuivi.
Il a envisagé "deux solutions": "soit on prend un secteur bien délimité et on voit ce que ça donne, soit on fait l'expérimentation pour deux ans sur l'ensemble de l'économie française et on regarde chaque année l'évolution des prix pour que les salariés n'en soient pas les victimes".
Nicolas SARKOZY juge "particulièrement scandaleux" ce qui se passe à EADS
Nicolas Sarkozy a jugé "particulièrement scandaleux ce qui est en train de se passer" à EADS où l'on a offert 2,20 euros aux salariés au titre de l'intéressement, après 8 millions d'euros d'indemnités au PDG Noël Forgeard à son départ de l'entreprise.
"On explique à l'entreprise qu'il faut supprimer 10.000 emplois pour dégager des marges de manœuvres pour financer le programme de développement de l'A350 et de l'A380. Là-dessus, on trouve les moyens de donner 8 millions d'euros au président qui s'en va et dont le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il ne s'en va pas avec un bilan totalement positif", s'est insurgé le candidat UMP à la présidentielle.
"Et je viens d'apprendre que le plan d'intéressement pour les salariés, je crois que c'est 2,20 euros. On se moque du monde!" a poursuivi M. Sarkozy qui s'est engagé à nouveau à proposer dès l'été 2007 "l'interdiction de ce qu'on appelle les +golden parachutes+".
Euthanasie : Nicolas SARKOZY pour "le laisser-mourir" mais pas pour "le faire mourir"
Nicolas Sarkozy s'est prononcé pour le "laisser mourir", citant le cas du président défunt François Mitterrand, et non pour le "faire mourir", se déclarant "opposé à toute forme d'euthanasie".
"Je ne suis pas opposé à une évolution, même si je suis opposé à toute forme d'euthanasie", a-t-il dit.
"Le laisser mourir, c'est-à-dire l'interruption volontaire d'un traitement comme l'a fait le président Mitterrand sur son lit de mort, en tout cas d'après ce que j'en ai lu, cela je suis pour", a-t-il déclaré.
Selon lui, "il faut respecter la vie mais il y un moment où la vie est tellement douloureuse que ce n'est plus de la vie, parce que la souffrance bouffe la vie."
"Il y a une différence dans mon esprit entre injecter le liquide mortel, ce que j'appelle faire mourir et interrompre un traitement dont on sait qu'il accélèrera la mort, ce que j'appelle le laisser mourir".
"On ne peut pas légiférer sur tout", a-t-il estimé, interrogé sur une éventuelle loi. "Il faut laisser place au dialogue singulier entre le malade, le médecin et la famille pour mettre un peu d'humanité là dedans".
Dépendance: Pour un congé de soutien familial rémunéré
Nicolas Sarkozy a proposé de créer un "congé rémunéré" pour une personne qui s'occuperait d'une personne âgée dépendante ou en fin de vie.
Il a rappelé qu'il souhaitait créer un "cinquième risque de la Sécurité sociale, le risque dépendance, qui serait géré par la Sécurité sociale et les départements".
Il entend créer "des maisons pour personnes âgées dépendantes" et "permettre de faciliter l'emploi de personnes à domicile pour qu'elles puissent rester chez elles".
"Je vais même plus loin, je souhaite que soit créé un congé rémunéré pour un membre de la famille qui aurait à s'occuper d'une personne âgée dépendante et d'une personne âgée en fin de vie", a-t-il dit.
Cette proposition va plus loin que la mesure décidée en 2006 par le gouvernement Villepin instituant un droit au congé, non rémunéré mais avec maintien des droits à la retraite, pour les salariés souhaitant s'occuper d'un parent dépendant ou très handicapé.
Le décret officialisant ce congé de soutien familial est paru la semaine dernière au JO.
Estimant par ailleurs que la question de la maladie d'Alzheimer est "centrale dans le problème de la santé publique des Français", M. Sarkozy s'est engagé, s'il est élu chef de l'Etat, à faire "adopter par le Parlement un plan Alzheimer comme il y a eu un plan cancer".
A l'automne dernier, le Premier ministre Dominique de Villepin avait décidé de faire de la lutte contre la maladie d'Alzheimer, qui toucherait quelque 860.000 Français, la "grande cause nationale" de 2007 en France.
M. de Villepin avait alors annoncé la mise en place, en 2007, d'une "consultation de prévention" sur cette maladie neurodégénérative pour les plus de 70 ans, financée par la Sécurité sociale.
OMC: le commissaire Mandelson négocie "en dépit du bon sens"
Nicolas Sarkozy a accusé jeudi soir sur France 2 le commissaire européen au Commerce Peter Mandelson de négocier "en dépit du bon sens" avec l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
"Je veux qu'on change l'état d'esprit des négociations OMC. C'est invraisemblable quand même ! On envoie un commissaire européen qui négocie en dépit du bon sens", s'est exclamé le candidat UMP à la présidentielle.
"Je trouve que M. Mandelson est un homme intelligent mais qui négocie en dépit du bon sens", a-t-il ajouté.
"très préoccupant, ce qui se passe en Pologne"
Nicolas Sarkozy a jugé j"très préoccupant ce qui se passe en Pologne aujourd'hui" et apporté son "soutien" à l'eurodéputé polonais Bronislaw Geremek, menacé par Varsovie d'être déchu de son mandat.
M. Geremek a refusé de se soumettre à une législation exigeant de responsables notamment politiques qu'ils déclarent, sous peine de licenciement, leurs collaborations passées avec les anciens services secrets communistes.
"Je connais M. Geremek pour qui j'ai beaucoup d'admiration. Soupçonner M. Geremek, ça ne manque pas de sel, lorsqu'on sait le rôle qu'il a joué à Gdansk avec Lech Walesa. C'est particulièrement inadmissible de soumettre M. Geremek à cette nouvelle législation", a déclaré le candidat UMP.
"Je suis très préoccupé du gouvernement polonais actuel", a-t-il ajouté. "Le fait d'être élu ne vous fait pas toujours rentrer dans des critères démocratiques absolument parfaits".
"C'est très préoccupant ce qui se passe en Pologne aujourd'hui. J'apporte mon soutien à M. Geremek", a-t-il résumé.
Pour un retrait français d'Afghanistan
"il était certainement utile qu'on les envoie dans la mesure où il y avait un combat contre le terrorisme, mais la présence à long terme des troupes françaises à cet endroit du monde ne me semble pas décisive".
"Il y a eu un moment donné, pour aider le gouvernement de M.Karzaï (président de l'Afghanistan, Ndlr), où il fallait faire un certain nombre de choix et d'ailleurs le président de la République a pris la décision de rapatrier nos forces spéciales et un certain nombre d'éléments. C'est une politique que je poursuivrai.