10 Juin 2007
Sarkozy juge le bilan du G8 "positif, voire très positif"
Parce que l’environnement et la lutte contre le réchauffement climatique constituent un enjeu particulièrement important voici quelques éléments présentant l’accord du G8 sur le climat et les propos du Président de la République sur cet accord.
Le président français Nicolas Sarkozy a estimé vendredi à l'issue de son premier G8 que ce sommet avait été "positif, voire très positif. Sur le climat, il y a eu des avancées assez remarquables", a-t-il assuré lors d'une conférence de presse.
Grâce à des contacts bilatéraux, Nicolas Sarkozy a grandement influencé l’évolution de la position américaine et s’est battu pour améliorer l’accord sur le climat avec le résultat que l’on connaît : les pays du G8 ont reconnu la nécessité de réduire substantiellement leurs émissions de gaz à effets de serre et envisagent sérieusement l’objectif chiffré d’une réduction de 50% d’ici à 2050.
Les Huit se sont donnés pour objectif de réduire de 50% d'ici à 2050 leurs émissions de gaz à effet de serre mais sans date de référence, contrairement à la proposition initiale qui mentionnait "par rapport à 1990, du fait de l'opposition des États-unis.
La chancelière allemande Angela Merkel, hôte de la réunion de trois jours, a aussi jugé que les huit pays les plus industrialisés avaient néanmoins "pris des décisions de grande portée sur des sujets essentiels".
Les principaux points de l'accord du G8 sur le climat
Le sommet du G8 a conclu jeudi en Allemagne un accord très discuté sur la lutte contre le changement climatique dont voici les principaux points:
- Depuis le sommet du G8 à Gleeneagle en Ecosse, en 2005, "la science a démontré plus clairement que le changement climatique est un défi à long terme qui constitue une menace potentielle sérieuse pour notre environnement naturel et notre économie".
- "Les émissions mondiales de gaz à effet de serre doivent arrêter d'augmenter pour ensuite diminuer de façon substantielle". Le G8 "prendra sérieusement en compte les décisions prises par l'Union européenne, le Canada et le Japon qui incluent une diminution d'au moins la moitié des émissions mondiales d'ici 2050". "Nous sommes engagés à parvenir à ces objectifs et invitons les principales économies à nous rejoindre".
- "L'action future doit rester fondée sur les principes de base de la Convention de l'Onu sur les changements climatiques (UNFCC), de responsabilités communes mais différenciées" selon les pays et leurs capacités. Le G8 "reconnaît" que le processus engagé sous l'égide de l'Onu "est le forum approprié pour de futures négociations globales sur le changement climatique". Il s'engage "à poursuivre plus avant au sein de ce forum et (appelle) toutes les parties à participer activement et de façon constructive à la conférence de l'Onu en décembre" à Bali (qui doit lancer les négociations sur les suites à donner au Protocole de Kyoto après 2012).
- Les "principales économies, qui consomment le plus d'énergie et génèrent la majorité des émissions", doivent s'accorder sur leur participation "à un nouveau cadre global d'ici la fin de 2008, pour contribuer à un accord mondial sous les auspices de la Convention d'ici 2009".
- Le G8 "salue l'offre des États-unis d'accueillir plus tard dans l'année un sommet" avec les représentants du Brésil, de la Chine, de l'Inde, du Mexique et de l'Afrique du Sud. Ce processus devra inclure "un ambitieux programme de travail dans le cadre de la Convention de l'Onu". Il reconnaît en outre la nécessité d'arrêter des "cadres de travail permettant d'accélérer (son) action sur la prochaine décennie. Des cadres, précise-t-il, "complémentaires, nationaux, régionaux et mondiaux coordonnés, plutôt que concurrents, pour renforcer l'efficacité des mesures".
- Le G8 estime que les mécanismes de marché fondés sur des permis d'émissions, nationaux ou entre pays, les taxes, régulations (...) peuvent constituer un signal-prix incitatif pour le secteur privé". . Il est "déterminé à aider à réduire les émissions (de CO2) liée à la déforestation spécialement dans les pays en développement".