Site d'information de Philippe Le Roux Ancien cadre local et national du RPR, de l'UMP et de LR Délégué de la Circonscription de Guingamp Conseiller auprès du Directeur général de l'UMP et Conseiller politique du Président de la République
8 Juin 2008
Le mode de scrutin pour les élections au CFCM
Les élections pour le renouvellement du Conseil français du culte du musulman (CFCM) se déroulent les 8 et 22 juin.
4.862 délégués doivent élire le 8 juin les 25 Conseils régionaux du culte musulman (CRCM) qui à leur tour, réunis en assemblée générale, éliront le 22 juin le bureau exécutif et le conseil d'administration du CFCM, lequel choisira le nouveau président du CFCM.
Le vote est un scrutin de liste proportionnelle au plus fort reste, comme pour les municipales à Paris, Lyon et Marseille.
Le nombre des délégués est fonction de la surface des lieux de culte : une salle de prière de 100 m2 donne droit à un délégué, une mosquée de 301 à 400 m2 "vaut" 5 délégués, de 601 à 700 m2 8 délégués, une grande mosquée de plus de 800 m2 15 délégués. Enfin 18 délégués représentent la Mosquée de Paris.
Cette année 1.039 mosquées ou salles de prière ont désigné des délégués, contre 1.221 pour le précédent scrutin en 2005. Ce recul est la conséquence du boycott par la fédération de la Mosquée de Paris et du relatif désintérêt de petites salles locales pour ces élections.
Le recensement immobilier détermine aussi le poids électoral des différentes organisations qui gèrent les mosquées. Ce critère unique de constitution des listes électorales est contesté par l'actuel président du CFCM, Dalil Boubakeur, qui juge sous-représentée la Fédération de la Mosquée de Paris, qu'il préside. C'est pourquoi sa fédération a décidé de ne pas participer aux élections du CFCM.
Ce critère était déjà contesté au moment de la précédente élection du CFCM mais la commission constituée pour étudier une nouvelle formule n'a pas fait de propositions.
Le mandat du président et des diverses instances est de 3 ans.
Environ 5 millions de musulmans en France
Il y aurait en France près de 5 millions de musulmans dont 5% sont des pratiquants réguliers, selon le ministère de l'Intérieur.
Dans leur étude sur "les musulmans en France" (Ed. Robert Laffont) Bernard Godard et Sylvie Taussig estiment à plus de 1,5 million le nombre d'Algériens de nationalité ou d'origine. C'est la communauté la plus importante et la plus ancienne, ce qui amène une partie de ses membres à revendiquer une "légitimité historique", notamment pour diriger le CFCM.
Il y aurait 1 million de Marocains, 400.000 Tunisiens, 340.000 Africains subsahariens (Sénégal et Mali principalement), 313.000 Turcs, 70.000 musulmans d'Asie, auxquels les auteurs de l'étude ajoutent les convertis (estimés à 40.000) et les musulmans sans papiers.
Plusieurs sondages récents ont montré que la pratique religieuse (principalement fréquentation de la mosquée et jeûne du ramadan) est plus forte chez les immigrés récents. 43% des musulmans nés en France se disent non pratiquants. Schématiquement, les plus récemment arrivés en France seraient donc les plus pratiquants.
La pratique religieuse comporte cinq obligations : le pèlerinage à la Mecque, la profession de foi, les prières quotidiennes, l'aumône, et le ramadan.
Actuellement, selon le ministère de l'Intérieur, il y a 1.890 mosquées et salles de prière en France.
Les principales associations de musulmans en France
Plusieurs associations représentent les musulmans en France, selon leur pays d'origine ou/et leur pratique de l'islam.
- La Fédération de la Grande Mosquée de Paris (GMP), fondée en 1923, regroupe des Algériens et est très liée - y compris financièrement - à l'Algérie.
- La Fédération nationale des musulmans de France (FNMF), créée en 1985, regroupait initialement des associations opposées au monopole de fait exercé par la Mosquée de Paris et s'est peu à peu "marocanisée". Elle était majoritaire au CFCM (19 élus sur 43 au conseil d'administration) mais une partie de ses membres, en désaccord avec la direction, est partie pour fonder le Rassemblement des musulmans de France (RMF), très liée au Maroc.
- L'Union des organisations islamiques de France (UOIF), fondée en 1983 par des Frères musulmans. Très active sur le terrain, y compris sur le plan social et éducatif, elle compte également de nombreux Marocains mais aussi des Tunisiens, Algériens. Elle milite pour une indépendance financière des musulmans de France à l'égard de leur pays d'origine.
- Le Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF), créé en 1986, est directement lié au Bureau des affaires religieuses de Turquie. Ses imams sont formés par l'Institut culturel français d'Ankara.
- La Fédération française des associations islamiques d'Afrique, des Comores et des Antilles (FFAIACA), créée en 1989.
Le conseil d'administration sortant du CFCM compte 43 sièges qui sont actuellement ainsi répartis : FNMF 19 sièges, GMP 10 sièges, UOIF 10 sièges, CCMTF 1 siège et Indépendants 3 sièges.