26 Septembre 2008
Le nucléaire connaît un regain d'intérêt au sein de l'Union européenne, comme le montre le rachat mercredi de British Energy par EDF, mais les politiques diffèrent encore largement selon les pays.
- Les pays qui construisent ou prévoient de construire de nouvelles centrales :
La France est le pays de l'UE le plus présent dans le nucléaire, avec 58 réacteurs dans 19 centrales, qui produisent près de 80% de l'électricité. EDF construit à Flamanville (Manche) un réacteur EPR (réacteur à eau sous pression), qui devrait démarrer en 2012.
Le Royaume-Uni a approuvé en janvier la construction d'une nouvelle génération de centrales par des entreprises privées. Actuellement, 18% de l'électricité est produit par dix centrales datant des années 1960 et 1970.
L'Italie avait renoncé au nucléaire lors d'un référendum en 1987, peu après la catastrophe de Tchernobyl, et avait fermé ses quatre centrales. Mais le gouvernement de Silvio Berlusconi a affirmé vouloir renouer avec le nucléaire. Un "plan énergétique national" doit être présenté d'ici au printemps.
La Finlande construit le premier réacteur de troisième génération EPR au monde. Mené par un consortium composé du français Areva et de l'allemand Siemens, ce chantier subit de nombreux retards et le réacteur devrait finalement être mis en service en 2011.
La Slovaquie a dû s'engager à fermer deux réacteurs de conception soviétique avant d'intégrer l'UE. Le premier a été fermé fin 2006. Bratislava, qui a prévu de construire de nouveaux réacteurs nucléaires, voudrait retarder la fermeture du second, prévue en fin d'année.
La Roumanie a mis en service deux réacteurs de sa centrale de Cernavoda. Deux autres devraient démarrer vers 2014-2015 et Bucarest a déjà fait part de son intention de construire une deuxième centrale, afin d'assurer son indépendance énergétique.
La Lituanie entend construire d'ici 2016 une nouvelle centrale nucléaire pour remplacer celle d'Ignalina, de conception soviétique, condamnée à la fermeture fin 2009 pour raisons de sécurité en vertu d'un accord entre la Lituanie et l'Union européenne.
La Bulgarie vient de démarrer la construction de sa deuxième centrale nucléaire, à Béléné (nord) après avoir été contrainte par l'UE de fermer, fin 2002 et fin 2006, quatres tranches de la centrale de Kozlodoui jugées obsolètes.
- Les pays qui ont prévu de sortir progressivement du nucléaire:
L'Allemagne a encore 17 centrales en activité. Sous Gerhard Schröder, sociaux-démocrates et Verts ont conclu un accord sur l'abandon du nucléaire d'ici 2020. Dans le contrat de coalition signé en 2005, les conservateurs se sont engagés à contre-coeur à ne pas revenir sur cette décision. Mais la chancelière Angela Merkel a déjà fait savoir qu'aux législatives de 2009, elle ferait campagne pour un report de la fermeture de centrales.
La Belgique a adopté en 2003 une loi prévoyant la fermeture progressive des sept réacteurs nucléaires du pays "quarante ans après leur mise en service", soit entre 2015 et 2025, un délai régulièrement contesté.
Les Pays-Bas n'ont plus qu'une seule centrale nucléaire, située à Borssele (sud-ouest). D'abord prévue pour 2013, sa fermeture a été repoussée à 2033, sans construction d'une nouvelle centrale, un sujet qui divise encore la coalition de centre-gauche au pouvoir.
La Suède a tranché en faveur de l'abandon du nucléaire, dans un référendum en 1980, et a fermé 2 de ses 12 réacteurs dans le cadre d'un programme visant la fermeture totale d'ici 20 ans. Dans un sondage de janvier, près de la moitié des Suédois déclaraient vouloir augmenter le nombre de centrales.
L'Autriche a interdit le recours au nucléaire dans sa Constitution après un référendum en 1978.
L'Irlande n'a jamais utilisé d'énergie nucléaire, comme le Portugal.
L'Espagne observe un moratoire depuis 1983. Le pays compte actuellement huit centrales nucléaires, que le gouvernement ne veut pas renouveler. Malgré des dissensions, le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero a répété plusieurs fois ne pas avoir l'intention de relancer la filière nucléaire.