Site d'information de Philippe Le Roux Ancien cadre local et national du RPR, de l'UMP et de LR Délégué de la Circonscription de Guingamp Conseiller auprès du Directeur général de l'UMP et Conseiller politique du Président de la République
1 Novembre 2008
Bertrand Delanoë, Ségolène Royal, Martine Aubry et Benoît Hamon sont les principaux protagonistes du Congrès PS de Reims qui, avec des profils et des parcours différents, défendent des motions soutenues par de nombreux élus, cadres et militants du parti.
- Bertrand Delanoë, 58 ans, premier maire socialiste de la capitale, réélu confortablement en mars dernier (57,7%), conduit la motion A. Adhérent du PS depuis 1972, dont il a gravi tous les échelons.
Il est candidat au poste de premier secrétaire pour succéder à François Hollande, qui figure parmi ses principaux soutiens, de même que les anciens premiers ministres Lionel Jospin dont il est très proche, et Michel Rocard.
Le maire de Paris est aussi appuyé par le député strauss-kahnien Pierre Moscovici, des maires de grandes villes comme Jean-Marc Ayrault (Nantes) ou Pierre Cohen (Toulouse), l'eurodéputé Harlem Désir.
Il revendique 33 premiers fédéraux, 120 parlementaires, 6 présidents de région. Motion signée par 5.500 militants, selon ses proches.
- Benoît Hamon, eurodéputé, 41 ans, veut incarner le renouvellement. Fils d'ouvrier, il est le premier signataire de la motion C, qui fédère toute l'aile gauche du parti. Il est candidat au poste de premier secrétaire.
Parmi ses soutiens, une figure historique, Henri Emmanuelli, le sénateur Jean-Luc Mélenchon, l'eurodéputée Marie-Noëlle Lienemann. Ses porte-paroles sont des jeunes, comme l'ancien président de l'Unef Bruno Julliard, l'ex-président du MJS Razzy Hammadi. Plus de 10.000 signatures de militants revendiquées.
- Ségolène Royal, 55 ans, candidate à la présidentielle en 2007 (47% des voix), présidente de Poitou-Charentes, soutient la motion E, dont le premier signataire est le maire de Lyon Gérard Collomb. L'ancienne ministre a mis "au Frigidaire" sa candidature au poste de premier secrétaire.
Parmi ses soutiens: François Rebsamen, numéro deux du parti, l'eurodéputé Vincent Peillon, Jean-Noël Guérini, patron de la fédération des Bouches-du-Rhône, les députés Manuel Valls, Julien Dray, Jean-Louis Bianco.
Sa motion est signée par 32 premiers fédéraux, 140 maires de villes de plus de 5.000 habitants, trois présidents de Conseils régionaux, 60 parlementaires et 11.000 militants.
- Martine Aubry, 58 ans, maire de Lille, conduit la motion D. Ex-numéro deux du gouvernement Jospin où elle dirigeait le super-ministère social, ce qui lui a permis de cultiver une fibre sociale. Elle est connue comme la "Dame des 35 heures", mises en place en 1998.
Réélue dans la capitale nordiste en mars, cette énarque dirige aussi la communauté d'agglomération lilloise. Elle n'a pas formellement annoncé si elle briguait la succession de François Hollande.
Elle compte parmi ses soutiens les anciens premiers ministres Pierre Mauroy et Laurent Fabius, les députés Arnaud Montebourg et Jean-Christophe Cambadélis et son père, Jacques Delors.
Près de 500 maires, 102 parlementaires, 28 premiers secrétaires fédéraux, huit présidents de régions l'appuient. 10.000 signatures de militants revendiquées.
- Géraud Guibert, 50 ans, responsable national PS à l'Ecologie, conseiller municipal au Mans, il est signataire de la motion B, soutenue notamment par sept parlementaires, notamment Christophe Caresche.
- Franck Pupunat, 35 ans, qui présente la motion F, est membre du Conseil national du PS depuis 2005. Il est le co-fondateur d'Utopia (1,2% au congrès PS du Mans), groupe de réflexion fondé sur l'écologie, l'atermondialisme et l'anti-productivisme, également présent chez les Verts.
Congrès du PS: du vote des motions à l'élection du 1er secrétaire
Le Congrès du PS à Reims du 14 au 16 novembre entrera dans une phase décisive le 6 novembre avec le vote des militants sur les motions, qui décidera des rapports de force entre les courants, tandis que le 1er secrétaire, lui, sera élu directement par la base après le Congrès.
- Après le dépôt en juillet de 21 contributions générales - textes livrant une orientation politique et une conception du parti - six motions ont été déposées en septembre.
Clé du Congrès, ces motions seront soumises le 6 novembre au vote des militants, qui se prononcent à bulletin secret, dans leurs sections. Au Congrès du Mans, en 2005, cinq motions avaient été présentées.
Leur score est déterminant pour la représentation dans les instances nationales: la direction du parti est formée à la proportionnelle des voix obtenues par chaque motion (minimum de 5% dans 15 fédérations pour être représenté).
Le premier signataire d'une motion est généralement le chef de file du courant, mais pas nécessairement candidat au poste de premier secrétaire.
- Le Congrès : au terme des débats à Reims, une "commission des résolutions" se réunira, dans la nuit du samedi 15 au dimanche 16 novembre, pour tenter d'arriver à une synthèse des différentes motions. Une synthèse au moins partielle est indispensable pour constituer une majorité si aucune des motions n'a obtenu 50% des suffrages exprimés. A cette étape, le ou les prétendants au poste de premier secrétaire font enregistrer leur candidature.
- La désignation du premier secrétaire est indépendante des motions: elle se fait par un vote de tous les militants, quatre jours après le congrès, soit le jeudi 20 novembre (éventuel second tour: 21 novembre).
- Présidentielle: conformément à une réforme des statuts adoptée en juin, le PS organisera un congrès "au moins un an avant les échéances présidentielle et législative", et un autre "dans l'année qui suit ces mêmes échéances".
La désignation du candidat à l'Elysée se fera "au plus tard dans les trois mois qui suivent" ce congrès pré-présidentiel, par un vote des adhérents. Toutefois, le débat reste ouvert -et devrait être tranché à Reims- sur la possibilité d'une "primaire" intégrant les sympathisants pour élire ce candidat.
Le vote du 6 novembre: mode d'emploi
Etape-clé du Congrès de Reims, les 167.000 militants du PS sont appelés à voter le jeudi 6 novembre dans leurs sections de 17H00 à 22H00 sur les six motions présentées en vue du Congrès du 14 au 16 novembre.
Le nombre d'inscrits sur les listes électorales du PS s'élève à 233.000, et le nombre d'adhérents qui ont payé leur cotisation en 2007 est de 167.953 selon Stéphane Le Foll, membre de la direction.
La différence (soit 65.047 inscrits) est égale au nombre de militants qui n'ont pas payé leur cotisation depuis le 31 mars 2006 et ne sont pas encore radiés. Ceux-là pourront voter à condition de régulariser leur arriéré de cotisation au plus tard le jour du vote.
Au congrès du Mans en 2005, le nombre d'inscrits était de 127.514 et celui des votants de 106.000, selon les chiffres officiels.
Conformément aux statuts, seuls votent les adhérents ayant au moins six mois d'ancienneté.
Les sections - plus de 3.000 - sont constituées par au moins cinq adhérents.
Selon la circulaire interne sur l'organisation du vote du 6 novembre dont l'AFP a eu copie, les bureaux de vote sont ouverts de 17H00 à 22H00 sans dérogation possible à l'exception des sections d'entreprise (banques, assurances...) qui peuvent voter selon un horaire aménagé.
Le vote étant "personnel et secret", les militants passeront par un isoloir avant de déposer leur bulletin dans l'urne. Aucune procuration n'est admise.
Des mandataires des motions peuvent assister dans chaque fédération aux opérations "afin d'attester de leur régularité".
Le dépouillement se fera ensuite sur place. Un procès-verbal est dressé en "autant d'exemplaires que de parties, plus un pour la section et un autre pour la fédération". Les résultats sont proclamés devant l'assistance.
Les résultats sont communiqués au siège fédéral, "immédiatement après la proclamation", par téléphone, mail, fax.., "au plus tard, à minuit le 6 novembre".
Les 102 fédérations doivent transmettre dans les plus brefs délais les résultats du département "au plus tard à 01H00 du matin, le 7 novembre" au siège du PS rue de Solférino. Ainsi, la direction nationale devrait être en possession de l'ensemble des résultats une heure plus tard.
Les Congrès fédéraux se réuniront du 7 au 9. Ils procèdent au recollement des votes dans les sections et à l'élection des délégués --quelque 900 -- au Congrès national. S'y ajouteront un nombre équivalent de membres de droit (membres du BN, parlementaires, membres du CN, présidents de Conseils régionaux.. ).
Chaque motion a droit à un nombre de délégués proportionnel à son résultat dans la fédération. Les motions ayant obtenu "au moins 5% des suffrages exprimés dans au moins 15 fédérations", lors du vote des militants peuvent être représentées dans les "organes nationaux, régionaux, départementaux et locaux du Parti".