14 Novembre 2008
Sachant que Nicolas Sarkozy avait fait 490 promesses pendant la campagne présidentielle et qu'il est président depuis soixante-dix-huit semaines, combien de promesses sont à ce jour tenues, ou au contraire abandonnées ? Le très sérieux (et plutôt libéral) Institut Thomas-More, basé à Bruxelles, qui réunit de nombreuses personnalités européennes, y répond dans la livraison de son troisième baromètre sur l'action du chef de l'Etat. Le bilan, après un an et demi, est loin d'être défavorable puisque près de la moitié du programme du candidat est réalisée ou mise en œuvre.
18,4 % des promesses de campagne, selon l'Institut Thomas-More, sont aujourd'hui "réalisées", soit un total de 90 promesses. Cela va de la création d'un service public de l'emploi à la suppression des droits de mutation pour les commerces dits "de bouche" en passant par la rupture du contrat de travail par consentement mutuel ou l'aide à l'embauche dans les PME. 28 % des promesses (137) sont "en cours de réalisation" ; 10,2 % (50) sont "amorcées". Ce qui fait un total de 56,6 %. En revanche, 3,1 % (15) des promesses ont été "abandonnées", 0,4 % (2) "reportées", 31 % (152) 'non encore abordées", 4,7 % (23) "altérées" et 4,3 % (21) "délaissées". Ainsi de la réforme du crédit hypothécaire, de l'interdiction du déficit budgétaire ou du contrat de travail unique.
Thème par thème, tous les ministères ne s'en sortent pas avec le même bonheur. Sont crédités de bons résultats ceux chargés de la culture et de la communication, du dialogue social, de la défense, des entreprises, des institutions, de la justice et de la sécurité, de la réforme de l'Etat, du logement, des retraites et de la santé. Sont moins bien classés les ministères qui s'occupent du budget, de la fiscalité et du pouvoir d'achat, de la famille, de l'immigration et du développement solidaire. Sur le front de l'environnement, Sarkozy a réalisé une de ses grandes promesses : celle de réunir un Grenelle de l'environnement, et le prochain baromètre sera sans doute encore plus favorable, puisque le projet de loi qui en découle est en navette entre l'Assemblée et le Sénat. Sur le plan économique, 17,5 % des promesses sont réalisées et 37,5 % en passe de l'être. L'Institut Thomas-More regrette en revanche que les promesses sur l'Europe soient, pour la plupart en cours de réalisation mais qu'elles n'aient pas encore été finalisées.
Ironie de l'actualité : à deux jours de la réunion du G 20 à Washington, voulue par Sarkozy, l'Institut met au passif du président de n'avoir réalisé la promesse sur "la moralisation du capitalisme".