14 Novembre 2008
Voici un relevé des pertes annoncées par les banques françaises, sous l'effet de la crise, au 30 septembre 2008 :
Les pertes indiquées sont de deux sources différentes :
- les dépréciations d'obligations gagées sur des crédits hypothécaires à risque ("subprime"), dans lesquelles les banques ont massivement investi avant la crise car elles leur procuraient des rendements supérieurs aux obligations classiques.
- les défaillances de leurs clients, qui les obligent à passer des provisions, c'est-à-dire à mettre de l'argent de côté pour être en mesure d'absorber la perte anticipée. La faillite de Lehman Brothers s'est ainsi traduite par une nette hausse des provisions.
- A ces deux sources s'ajoutent les pertes résultant des mouvements erratiques des marchés financiers qui affectent les banques qui y ont placé des fonds dans le cadre de leurs activités de "trading", mais elles n'en donnent pas le détail, sauf incident grave.
- Crédit Agricole : 5,7 milliards de dépréciations, 3,1 milliards de provisions.
- Société Générale : 5,64 milliards de dépréciations, 2,2 milliards de provisions et 300 millions de pertes diverses.
- Natixis : 3,5 milliards de dépréciations, 1 milliard de provisions. Perte de trading de 500 millions en octobre.
- BNP Paribas : 2,9 milliards de dépréciations, 4,4 milliards de provisions.
- Caisse d'Epargne : perte de "trading" de 751 millions d'euros en octobre.
- Dexia : sur le seul troisième trimestre 2008, l'impact de la crise s'élève à 2,191 milliards. Lors des trimestres précédents, la banque franco-belge n'a pas exposé avec clarté l'impact de la crise sur ses comptes, faisant état de dépréciations de seulement 75 millions sur l'année 2007.