Site d'information de Philippe Le Roux Ancien cadre local et national du RPR, de l'UMP et de LR Délégué de la Circonscription de Guingamp Conseiller auprès du Directeur général de l'UMP et Conseiller politique du Président de la République
4 Mars 2009
Longtemps mauvaise élève en Europe pour ses déficits publics élevés, la France est aujourd'hui rattrapée par ses voisins, contraints de dégrader leurs finances publiques pour faire face à la crise, même si l'Allemagne s'en sort pour l'instant mieux que les autres.
Le gouvernement français a indiqué mercredi que le déficit public (Etat, sécurité sociale et collectivités locales) du pays allait grimper cette année à 5,6% du PIB et se maintiendrait à 5,2% du PIB en 2010 en raison de la crise.
Dans ses dernières prévisions, le 19 janvier, la Commission européenne prévoyait un déficit français à 5,4% en 2009 et 5,0% en 2010.
La situation est encore plus préoccupante au Royaume-Uni, où Bruxelles table sur des déficits publics à 8,8% du PIB en 2009 et 9,6% en 2010 et en Espagne (6,2% et 5,7% attendus en 2009 et 2010)
En Italie, Bruxelles prévoit des déficits à 3,8% du PIB en 2009 et 3,7% en 2010.
L'Allemagne, qui avait réussi à avoir des comptes presqu'à l'équilibre en 2008, s'en sort encore mieux, puisque la Commission s'attend à des déficits publics à 2,9% en 2009 et 4,2% en 2010.
Si Berlin espère contenir cette année son déficit dans les limites autorisées par le Pacte de stabilité et de croissance (3%), comme le prévoit Bruxelles, il a déjà prévenu qu'il déraperait à plus de 4% du PIB en 2010.
La Commission européenne a enclenché mi-février des procédures pour déficits excessifs contre six pays en raison du dérapage de leurs comptes publics face à la récession.
La France, l'Espagne, la Grèce, l'Irlande, Malte, ainsi que la Lettonie hors zone euro, sont concernés: dans tous ces pays, le déficit public a dépassé en 2008 la limite de 3% du PIB autorisée par Bruxelles.
Le lancement de ces procédures vise à mettre la pression sur ces Etats pour qu'ils ramènent leurs déficits dans la limite tolérée. Bruxelles devrait préciser dans quelques semaines, après consultations avec les Etats de l'UE et actualisation de leurs prévisions, combien de temps elle leur accorde pour revenir dans les clous.
La France espère revenir en 2012 à 2,9%.