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Rapport Cotis: valeur ajoutée, profits, salaires, dividendes

Voici les principaux points du rapport du directeur général de l'Insee, Jean-Philippe Cotis, sur le partage de la valeur ajoutée, le partage des profits et les écarts de rémunération en France, remis mercredi à Nicolas Sarkozy

 

PARTAGE DE LA VALEUR AJOUTEE

-          En 2007, pour les sociétés non financières, l'ensemble de la rémunération du travail représentait 67% de la valeur ajoutée totale.

-          La part des salaires est relativement stable en France de 1949 jusqu'au premier choc pétrolier, augmente jusqu'au début des années 1980, baisse "légèrement" sous l'effet des politiques de désindexation et du contre-choc pétrolier, reste "plutôt stable" de la fin des années 1980 jusqu'à 2007

-          Si l'on se réfère actuellement au pic atteint au début des années 1980, la baisse de la part des salaires est "incontestable"; si l'on se réfère au niveau précédant le premier choc pétrolier, la baisse est "beaucoup plus limitée".

-          Sur la période récente, la relative stabilité française "n'est pas le cas d'autres pays développés", comme l'Allemagne, qui ont vu le partage se déformer dans un sens défavorable aux salariés.

-          Le partage de la valeur ajoutée varie fortement d'une entreprise à l'autre.

-          L'intéressement et la participation occupent "une place réduite mais croissante", de l'ordre de 1,5% de la valeur ajoutée, contre 0,5% au début des années 1990.

-          La croissance des salaires nets depuis 20 ans est "extrêmement faible" liée à une faible croissance depuis les années 1980, à l'impact des prélèvements sociaux ainsi qu'à la montée des emplois précaires.

-          Le revenu salarial (salaire moyen perçu par salarié) a été encore moins dynamique que le salaire net des seuls temps complets: il a quasiment stagné sur les 30 dernières années.

-          Dans la dernière décennie, la hausse des salaires a été légèrement plus rapide au bas de l'échelle grâce aux revalorisations du SMIC, relativement étale entre les 10% les moins bien payés et les 10 ou 5% les mieux payés, et s'est fortement accélérée pour les 1% ou les 1 pour mille les mieux payés.  "Ceci a contribué au sentiment de déclassement relatif du salarié médian, progressivement rejoint par le bas de l'échelle et fortement distancé par l'extrémité haute de cette même échelle".

-          La montée des inégalités salariales reste toutefois "plus modérée" en France que dans un grand nombre de pays de l'OCDE

 

PARTAGE DES PROFITS

-          Les profits vont pour 57% à l'investissement, pour 36% aux revenus du capital, distribués notamment sous forme de dividendes, et pour 7% à la participation et l'intéressement.

-          Le montant des dividendes bruts, qui constituent un revenu de la propriété pour les actionnaires ayant mis des capitaux à disposition d'une société, a quasiment quintuplé depuis 1993.

Ainsi, en 2007, les sociétés ont distribué près de 200 milliards d'euros de dividendes contre 40 milliards en 1993.

-          Cette hausse serait principalement due à une mutation des modes de financement, avec le passage progressif du financement des entreprises par endettement à un financement de marché, impliquant une rémunération des actionnaires.

-          La situation est toutefois très différente selon la taille des entreprises: seule une PME sur six distribue des dividendes, qui restent surtout versés par les très grandes entreprises.

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