14 Mai 2010
Après la mort accidentelle d'un jeune homme jeudi à Nantes, des organisateurs d'"apéros" géants veulent obtenir des autorisations pour leurs rassemblements et défendent le rôle de Facebook et des réseaux sociaux.
Prévu à l'origine en juin, l'"apéro" géant de Bergerac (Dordogne) devrait se tenir en juillet, à une date encore non précisée, si mairie et préfecture donnent leur accord. Les organisateurs du rassemblement où sont déjà inscrites 3.000 personnes ont sollicité les autorisations nécessaires, a expliqué l'un d'eux à l'AFP.
"S'il se passe à Bergerac un drame comme celui de Nantes, je serai très affecté mais j'aurais mis en oeuvre tous les moyens au niveau de la sécurité, des secouristes, du filtrage des entrées par des agents payés par des sponsors", a indiqué Pierre Labrunie, 30 ans.
A Marseille, un autre organisateur de ce genre d'opération qui ne veut révéler que son prénom, Pierre, 24 ans, a précisé avoir dû annuler un "apéro géant" prévu le 1er mai avec 12.000 inscrits par crainte d'"une grosse amende".
"Mais la mairie nous a proposé de nous aider pour un autre apéro encadré", a-t-il précisé, ajoutant: "de toutes façons les gens boivent, avec apéro Facebook ou sans !".
L'association Internet sans frontières a vivement réagi, prenant la défense de Facebook et des réseaux sociaux. Ces plates-formes, "si elles permettent de favoriser ce type de mobilisation, ne sont en rien responsables des excès constatés, notamment dans la consommation excessive d'alcool ou de stupéfiants", a souligné Christophe Ginisty.
Pour le président d'Internet sans frontières, "une partie de la société (et notamment les jeunes) a besoin de se retrouver en ligne pour échanger, pour parler, pour vivre une alternative aux modes de communication traditionnels. (...) Qu'ils organisent des mobilisations citoyennes ou des +apéros+ géants est du ressort de leurs libertés individuelles".
Il faut se poser la question, ajoute-t-il, "d'un point de vue sociétal et culturel, sur ce besoin de défouloir que nos aînés appelaient les +paradis artificiels+".
Vendredi en fin d'après-midi, le sujet ne faisait pas débat sur Twitter et Facebook où l'on trouvait essentiellement des liens vers des sites d'informations.