28 Janvier 2010
Voici quelques phrases fortes, sélectionnées parmi les 326 pages du jugement Clearstream, rendu jeudi par le tribunal correctionnel de Paris.
1/ Concernant Dominique de Villepin:
- "S'il n'est pas démontré de façon indubitable que le président de la République ait effectivement donné des instructions spécifiques à son ministre des Affaires Etrangères, il est en revanche établi que ce dernier s'est à tout le moins prévalu devant Jean-Louis Gergorin et le général Rondot de propos du président".
- L'intervention de Dominique de Villepin lors du placement en garde à vue d'Imad Lahoud le 25 mars 2004 "reflète (son) état d'esprit à cette époque, à savoir son souci de ménager et de protéger une source susceptible de contribuer à la manifestation de la vérité relative à un réseau de corruption, pressentant l'avantage politique qu'il pourrait tirer de cette révélation, dans un contexte de rivalité notoire au sein du gouvernement".
2/ Concernant Jean-Louis Gergorin:
- "L'expérience de Jean-Louis Gergorin dans l'activité de renseignement et ses responsabilités importantes au sein du groupe EADS devaient l'inciter sinon à prendre ses distances vis-à-vis d'Imad Lahoud, du moins à s'assurer d'emblée et par tous moyens de la pertinence des informations qu'il lui fournissait".
- Il "n'a rien fait pour mettre un terme aux effets dévastateurs de la dénonciation dont il a été l'initiateur".
- "Jean-Louis Gergorin ne peut faire croire au tribunal que l'emballement, à défaut d'une naïveté impensable, lui aurait fait perdre ses plus élémentaires et anciennes règles de prudence".
- "Les excuses ou explications d'aveuglement de Jean-Louis Gergorin ne sont pas recevables tant l'instruction et les débats ont révélé sa particulière mauvaise foi et son exceptionnelle aptitude à retourner les situations en sa faveur".
- "Il a agi pour satisfaire des intérêts personnels sous couvert de la défense de ceux d'EADS et du groupe Lagardère et des impératifs de sécurité nationale". "Il a été rapidement habité par une intention de nuire en partie sous l'influence pernicieuse et néfaste d'Imad Lahoud".
- Il "a su instrumentaliser les autorités".
- Il a été "seul à maîtriser le processus labyrinthique de la calomnie". "Dès l'apparition des premières fuites médiatiques et des premiers remous dans la presse, il a fui ses responsabilités en abandonnant le bateau ivre de la calomnie, se disant lui-même victime de cette déferlante médiatique".
- "Jean-Louis Gergorin doit être considéré comme pleinement responsable de ses actes qui sont révélateurs d'une personnalité particulièrement nuisible et inquiétante en raison d'une duplicité exceptionnelle qu'il a manifestée dès les prémices des dénonciations jusqu'au terme des débats".
3/ Concernant Imad Lahoud:
- "Les innombrables déclarations contradictoires d'Imad Lahoud au cours de l'information font de lui un menteur invétéré, un metteur en scène insatiable et un comploteur infatigable".