Site d'information de Philippe Le Roux Ancien cadre local et national du RPR, de l'UMP et de LR Délégué de la Circonscription de Guingamp Conseiller auprès du Directeur général de l'UMP et Conseiller politique du Président de la République
12 Mai 2010
Le nouveau Premier ministre conservateur britannique David Cameron consacrait sa première journée à Downing Street mercredi à la mise en ordre de bataille de son gouvernement de coalition avec les Lib Dems de Nick Clegg, lui-même propulsé vice-Premier ministre.
Au lendemain de l'installation "historique" de David Cameron, comme l'écrit la presse, les deux hommes forts du gouvernement, MM. Clegg et Cameron se sont symboliquement serré la main devant la porte noire du 10, Downing Street, à leur arrivée dans leurs nouveaux bureaux tôt mercredi matin.
Les médias y verront un geste visant à lever les doutes pesant sur la durabilité de la coalition, tandis que nombre de commentateurs soulignaient les concessions importantes qui ont été nécessaires à chacune des formations pour former le "gouvernement fort dont nous avons besoin", comme l'avait annoncé David Cameron mardi soir dans son premier discours sur le perron de Downing Street.
Comme pour rappeler les défis économiques qui l'attendent, les nouveaux chiffres publiés dans la matinée ont montré un nouveau record du chômage, à un nouveau sommet depuis 1994 (2,51 millions).
"Le temps est venu de relever ses manches", a lancé le nouveau ministre des Finances, le conservateur George Osborne, en arrivant dans ses nouveaux bureaux.
Mais l'ampleur des renoncements faits pas les Lib Dems, un parti traditionnellement de centre-gauche, suscite des doutes sur la "résistance" de la coalition à "l'épreuve du temps", comme l'écrit le Financial Times.
Pour s'allier à des Tories largement eurosceptiques, les Lib Dems ont dû en particulier mettre un bémol à leur europhilie: ils auraient accepté, selon la presse, de mettre entre parenthèses leur ambition d'adopter l'euro, le temps de la nouvelle législature.
En revanche, les Lib Dems ont fait céder les conservateurs sur une exigence clef de leur plate-forme: la réforme du mode de scrutin, qu'ils jugent inique et sur laquelle les Tories ont finalement accepté d'organiser un référendum. La durée de la législature a par ailleurs été fixée à cinq ans, mettant un terme à l'ancien système qui permettait au Premier ministre de convoquer des législatives à peu près quand il l'entendait.
"Bien entendu" des différends surviendront, a reconnu sur la BBC William Hague, le nouveau chef de la diplomatie. Mais "la capacité de régler les problèmes (de MM. Clegg et Cameron) est de bon augure", a-t-il assuré. "Je ne pense pas que cela soit une coalition faible".
Le libéral Vince Cable a quant à lui évoqué un "très bon accord". "Les points principaux de notre programme ont été acceptés", a-t-il affirmé, soulignant que le gouvernement était bien armé pour affronter "la tâche énorme" qui l'attend en ces temps de fragile reprise économique.
Les libéraux-démocrates auront cinq portefeuilles ministériels, en échange de leur soutien qui permet de former le premier gouvernement de coalition depuis la Seconde Guerre mondiale.
Parmi ces cinq postes, figure leur chef de file Nick Clegg, au poste de vice-Premier ministre, mais le suspense restait entier quant aux quatre autres ministres Lib Dems ainsi qu'à une vingtaine d'autres qui devraient occuper des fonctions clefs. Leur porte-parole aux Finances, Vince Cable, devrait flanquer le ministre des Finances, le jeune conservateur George Osborne, 38 ans, dans un rôle non encore défini précisément.
Du côté des conservateurs, ont été confirmés les postes de M. Osborne, de l'eurosceptique William Hague, 49 ans, aux Affaires étrangères.
Le programme et le gouvernement définitif devraient être annoncés lors d'une conférence de presse, ce mercredi à 13h15 GMT.
La Bourse était en légère hausse dans la matinée. "Nous jugerons la nouvelle administration en fonction de ce qu'elle va faire pour promouvoir la reprise des affaires à travers le Royaume-Uni", a averti David Frost, directeur général de la Chambre de commerce britannique (BCC).