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Gallois prône une thérapie de "choc" à 30 milliards d'euros

Louis Gallois recommande pour l'industrie française une thérapie de "choc", fondée sur une baisse de 30 milliards d'euros du coût du travail en un ou deux ans, donnant ainsi du grain à moudre pour le gouvernement qui doit annoncer dès mardi des choix cruciaux pour la compétitivité.

La proposition la plus débattue de son rapport, présenté lundi, est une baisse des charges qui allègerait les cotisations patronales de 20 milliards d'euros et les cotisations salariales de 10 milliards.

En contrepartie, l'ancien patron d'EADS et de la SNCF, devenu commissaire à l'Investissement, propose d'augmenter la CSG de deux points, de rehausser la TVA sur certains produits et de relever diverses taxes.

Outre cette proposition emblématique, M. Gallois en suggère une vingtaine d'autres, dont une réforme de l'assurance-vie, en repoussant la date à partir de laquelle les plus-values sont exonérées et en favorisant l'épargne en actions. Le but: que ces fonds aillent davantage au financement des entreprises.

M. Gallois propose en outre deux petites révolutions, l'une dans les conseils d'administrations des grands groupes de plus de 5.000 salariés, où quatre administrateurs salariés pourraient siéger et participer aux décisions, l'autre dans les conseils d'administration des lycées techniques et professionnels, où les entreprises feraient leur entrée.

Une autre proposition, la reprise de la recherche sur les gaz de schiste en France a d'ores et déjà été rejetée par le gouvernement.

Après la présentation du rapport Gallois, la balle est dans le camp de l'exécutif, en pleines turbulences après six mois de pouvoir et alors que le Fonds monétaire international (FMI) a estimé lundi que le manque de compétitivité était le "défi majeur" de l'économie française.

"Décisions fortes" mardi

Dès mardi, le gouvernement annoncera les premières mesures. Le président François Hollande a affirmé que des "décisions fortes" seront prises ce jour.

Au sein du gouvernement, le principe d'une baisse des cotisations sociales semble acquis. Mais on s'oppose à ce qu'elle soit massive et immédiate, alors qu'il faudra la compenser par d'autres impôts.

L'exécutif a multiplié les prises de position. Certains comme le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg penchent pour des baisses de cotisations conditionnées à un réinvestissement, d'autres comme le ministre de l'Economie Pierre Moscovici veulent cibler les bas salaires.

La baisse du coût du travail est un des deux leviers pour enrayer la dégringolade du déficit commercial de la France, dont la part dans le marché mondial a chuté de 6,3% en 1990 à 3,3% en 2011. L'autre levier est constitué des mesures qui ne portent pas sur le coût du travail (initiatives soutenant l'exportation, innovation, recherche et qualité des produits, simplifications administratives...).

Selon le site internet de l'hebdomadaire Le Point, le gouvernement ne suivra pas la recommandation Gallois sur le transfert des charges. Sans dévoiler ses sources, le magazine affirme que l'exécutif choisira d'octroyer un crédit d'impôt aux entreprises se traduisant par une baisse des cotisations sociales de 6% sur les salaires compris entre 1 et 2,5 fois le Smic, ce qui représenterait un total de 20 milliards d'euros.

Pour financer cette dépense, toujours selon Le Point, le gouvernement économiserait 10 milliards d'euros sur le budget 2014 de l'Etat et des collectivités. Mais surtout, il augmenterait légèrement le taux principal de la TVA de 19,6% à 20%.

Interrogés par l'AFP, Matignon et Bercy n'ont pas voulu faire de commentaires, mais la droite, qui suspecte le gouvernement, à l'image du patronat, de ne pas vouloir suivre toutes les recommandations, a promptement poussé ses pions.

Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, a "approuvé totalement" les mesures préconisées par le rapport Gallois, enjoignant M. Hollande d'avoir "le courage" de les "appliquer dès maintenant", faute de quoi il créera "un choc de défiance".

"Nous avons besoin que se noue une sorte de pacte social entre tous les partenaires, pacte social qui est le véritable socle du pacte pour la compétitivité de la France", a déclaré M. Gallois.

"Je crois que nous avons besoin d'une véritable mobilisation et, je ne crains pas de le dire, d'un véritable patriotisme", prévenant que cela nécessitait un "effort collectif", pour la "reconquête".

La députée des Hautes-Alpes, Karine Berger, une des voix mises en avant par le PS sur les questions économiques, a peu goûté le langage de M. Gallois, jugé "guerrier et viril", et peu propice à la croissance.

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