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Le NPA souffle sa première bougie, dans un contexte moins favorable

NPA.pngLe NPA, lancé dans une certaine euphorie comme "le parti dont la gauche révolutionnaire a besoin au XXIe siècle", souffle sa première bougie dans un contexte moins favorable, après une année marquée notamment par son échec aux européennes où le Front de gauche l'a supplanté.

7 février 2009 : le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) d'Olivier Besancenot, fort de ses 9.100 militants, voit officiellement le jour, au lendemain de l'auto-dissolution de la Ligue communiste révolutionnaire (3.200 adhérents). Un an plus tard, le compteur des militants à jour de cotisation est tombé à 8.000.

"Ce n'est pas la bérézina du tout" mais "le contexte a beaucoup changé : l'an dernier on était en pleine ascension des grèves avec des millions de gens dans la rue" contre la politique du gouvernement, explique Alain Krivine, un des fondateurs de la Ligue en 1969 puis du NPA.

"Aujourd'hui, l'exaspération vis-à-vis de Nicolas Sarkozy est plus radicale et en même temps, on note un découragement dans la mobilisation", dit-il, soulignant notamment la responsabilité des syndicats.

Pour le NPA, qui organisera en novembre un congrès de "redéveloppement" et de "consolidation" du parti, la période est "plus difficile qu'avant". "Les thèmes anticapitalistes sont plus populaires que jamais mais il y a du scepticisme sur les solutions", analyse l'ex "soixante-huitard".

Sur son échec aux européennes face au Front de gauche PCF-Parti de gauche (6%, quatre eurodéputés), le parti anticapitaliste (4,9%, aucun élu) se défend en affirmant représenter désormais une "force politique incontournable", alors que "la Ligue n'était qu'une petite organisation d'extrême gauche".

Mais au NPA, certains éprouvent "regret, amertume et déception" sur l'évolution du mouvement, comme Yann Cochin, du courant unitaire minoritaire, pour qui le parti "paye" son manque d'unité.

"On était entrés au NPA enthousiastes et exigeants", mais "les dirigeants de la LCR n'ont pas réussi leur aggiornamento" alors que la gauche de la gauche s'est recomposée avec l'apparition du Front de gauche (FG), déplore celui qui a récemment quitté le comité exécutif du parti.

Pour les régionales, le NPA dont la direction avait été mise en minorité avant de redresser la barre, partira seul dans 10 régions mais associé dans 11 autres, notamment avec le FG en Languedoc-Roussillon, Limousin et Pays de la Loire.

Tentant de se rallier les banlieues notamment en Ile-de-France, où Olivier Besancenot est candidat, le parti qui se veut "antiraciste, féministe et internationaliste", a fait parler de lui en mettant sur sa liste du Vaucluse une jeune femme voilée.

Au niveau national, le NPA compte "passer le seuil symbolique des 5%" qui serait "le signe de la permanence d'un courant anticapitaliste indépendant", selon son porte-parole Pierre-François Grond. "On a une sympathie parmi les gens qui s'abstiennent de plus en plus, c'est ça qu'il faut changer", argue M. Krivine.

Autre enjeu pour le NPA : faire émerger de nouvelles figures, au côté de son leader charismatique, moins courtisé par les médias ces derniers mois. Pour M. Grond, "si on réussit notre pari de faire un parti implanté, c'est un parti qui aura plusieurs figures et qui ne sera pas que le parti d'Olivier Besancenot".

Dans un film réalisé par Camille de Casabianca sur les débuts du NPA ("C'est parti", en salles le 10 février), on voit d'ailleurs la "star" tenter de se mettre en retrait, hésitant à venir au premier jour du congrès fondateur ou fuyant les journalistes, pendant que les dirigeants lui rappellent qu'il est "l'élément fédérateur" du parti.

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