7 Juillet 2011
Le principal taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE), qu'elle a relevé jeudi de 25 points de base à 1,50%, est l'outil central dont elle dispose pour influer sur l'octroi de crédits et contrôler l'évolution des prix en zone euro.
Après plusieurs baisses successives au plus fort de la crise financière, il avait été fixé à 1%, son plus bas niveau historique, pendant près de deux ans avant que la BCE le relève en avril à 1,25%, niveau où elle l'avait maintenu en mai et juin.
Cet instrument, utilisé lors des opérations hebdomadaires de refinancement par la BCE pour alimenter les banques en liquidités, est le véritable baromètre du coût du crédit dans les 17 pays de la zone euro.
Les banques qui veulent se refinancer à court terme peuvent le faire en payant un intérêt sur la somme qu'elles empruntent auprès des banques centrales de leurs pays respectifs. Cet intérêt est calculé d'après le taux en cours à la BCE.
Les banques répercutent ensuite, en principe, ce loyer sur les intérêts des crédits qu'elles accordent à leurs propres clients. Plus le taux de la BCE est bas, plus le coût du crédit a des chances d'être bon marché ce qui, en théorie, favorise la croissance.
A l'inverse, une hausse du taux du crédit permet théoriquement de ralentir la demande et par conséquent d'éviter une surchauffe génératrice d'inflation.
Or la hausse des prix à la consommation est forte en zone euro depuis la fin 2010, même si elle s'est stabilisée en juin à 2,7% sur un an. Elle reste largement supérieure à l'objectif de moyen terme de la BCE de la maintenir à un niveau proche mais inférieur à 2%.
Le taux de rémunération des dépôts des banques auprès de la BCE a également été relevé jeudi de 25 points de base, à 0,75%, tout comme le taux de prêt marginal au jour le jour, taux auquel les banques peuvent emprunter en cas d'urgence, qui est passé de 2% à 2,25%.