25 Mars 2010
Si elle a bel et bien résisté à la crise économique, la consommation, traditionnel moteur de la croissance française, en a tout de même subi l'impact et les ménages ont été amenés à "sacrifier" certaines dépenses pour en "préserver" d'autres, selon l'Insee.
Depuis le premier trimestre 2008 et le déclenchement de la crise internationale, la croissance de la consommation des ménages français a nettement fléchi.
Entre 2000 et 2007, elle progressait en moyenne de 2,8% par an, un rythme divisé par deux sur la période 2008-2009 pour s'établir à +1,4%.
Les Français ont notamment réduit leur consommation sur les produits "sacrifiés" suivants: textile-cuir, papeterie-édition, quincaillerie-bricolage et réparations-transports, souligne l'Institut national de la Statistique dans sa dernière note de conjoncture.
Alors que la consommation en textile-cuir progressait de 2% par an en moyenne de 2000 à 2007, elles ont chuté de 2,1% sur 2008-2009. Une baisse encore plus nette pour le poste quincaillerie-bricolage (+2,6% et -4,2% respectivement).
Une tendance confirmée par les chiffres publiés jeudi matin sur les dépenses de consommation des ménages en produits manufacturés, qui ont baissé de 1,2% en février après avoir déjà chuté de 2,5% en janvier.
Ces postes "sacrifiés" représentent environ 23% de la consommation totale et expliquent la moitié du ralentissement enregistré depuis 2008.
A l'inverse, l'automobile, la santé-hygiène et les services divers font partie des produits "préservés" par les ménages pendant la crise. A la faveur de la prime à la casse, les achats d'automobile ont augmenté de 2,2% de 2008 à 2009 alors qu'ils ne progressaient en moyenne que de 1,2% par an sur 2000-2007. Les "services divers" ont quant à eux gagné 5,8%, contre 3,7% sur la période précédente.
Les produits "en retrait", qui représentent 63% de la consommation totale des ménages, ont suivi l'évolution globale, s'essoufflant sans pour autant diminuer. Il s'agit des biens durables (+7,3% contre +12,3% par an sur 2000-2007), les produits alimentaires et le tabac (+0,4% contre +0,7%), des dépenses pré-engagées (loyers, télécommunications, assurances, électricité, gaz) et des services personnels et de loisirs (hôtels, restauration, sorties culturelles et sportives, etc).