17 Janvier 2011
L'extrême droite a réussi à s'imposer dans le paysage politique de plusieurs pays européens, mettant en avant un discours anti-immigration, anti-islam et souvent eurosceptique, à l'image en France du Front National (FN) qui a élu dimanche Marine Le Pen à sa tête.
FRANCE
Présidé depuis sa fondation en 1972 par Jean-Marie Le Pen, 82 ans, le Front national a connu dimanche une succession historique et dynastique. Marine Le Pen, sa fille de 42 ans, a été officiellement désignée comme présidente du parti lors d'un congrès à Tours (centre-ouest).
Leur parti, le Front national (FN), rejette de manière virulente l'immigration, a un discours anti-élites et réclame la sortie de l'Union européenne. Jean-Marie Le Pen avait provoqué un séisme politique en 2002 en accédant au second tour de l'élection présidentielle, face à Jacques Chirac.
Marine Le Pen est généralement créditée de 12 à 13 % dans les sondages, mais une enquête publiée la semaine dernière (institut CSA) lui attribue jusqu'à 18%.
SUISSE
En Suisse, le parti de droite populiste Union démocratique du centre (UDC) est la première formation de la Confédération depuis 2003. Il s'est encore renforcé après avoir obtenu l'aval de la population sur deux initiatives populaires ayant fait beaucoup de bruit: l'interdiction de construire des minarets sur le territoire suisse en 2009, et le renvoi automatique d'étrangers criminels, en novembre 2010.
PAYS-BAS
Geert Wilders, 47 ans, chef de file du Parti pour la Liberté (PVV), milite contre "l'islamisation des Pays-Bas". Il est favorable à un impôt sur les foulards et souhaite l'interdiction du Coran, qu'il compare au "Mein Kampf" d'Adolf Hitler. Le PVV a terminé troisième des élections législatives du 9 juin, avec 24 sièges de députés sur 150. Il soutient le gouvernement minoritaire de centre-droit du libéral Mark Rutte.
PAYS NORDIQUES
La poussée des formations d'extrême droite et populistes y est générale.
Les Démocrates de Suède (SD), dirigés par Jimmie Aakesson, 31 ans, ont fait leur entrée au Parlement lors des élections de septembre, avec 5,7%. Le parti, héritier d'une ex-formation néo-nazie, s'attaque à l'immigration récente et dénonce l'islamisation du pays.
Au Danemark, le Parti du peuple danois (PPD) est la troisième force du Parlement, crédité de 14,6% des voix. Il est allié au gouvernement libéral-conservateur.
En Finlande, le parti des "Vrais Finlandais" pourrait réaliser une spectaculaire percée lors des élections d'avril.
AUTRICHE
La nouvelle figure de proue de l'extrême droite est Heinz-Christian Strache, 41 ans, du FPÖ. Cette formation a fini 2e avec 27% lors des municipales à Vienne en octobre 2010. Soit un bond de 12 points et un second meilleur score historique dans la capitale autrichienne pour le parti, derrière les 27,9% obtenus en 1996 par son fondateur, Jörg Haider, décédé en 2008.
Le parti exalte les valeurs chrétiennes, souvent avec des slogans hostiles à l'islam. Il séduit chez les jeunes. Contrairement à d'autres formations d'extrême droite, il est pro-israélien.
HONGRIE
Le parti Jobbik (Mouvement pour une meilleure Hongrie) est, lors des législatives d'avril, entré au Parlement dont il est devenu la troisième force politique avec 16,71% des voix.
Son président, Gabor Vona, 32 ans, est à la tête du parti depuis 2006. Le Jobbik est connu pour ses campagnes agressives contre les Roms, ainsi que son discours xénophobe et homophobe. Le Jobbik se distingue dans la mouvance de l'extrême droite en étant ouvertement pro-arabe. Ses militants portent souvent des foulards palestiniens par hostilité à Israël.