26 Avril 2012
Nicolas Sarkozy s'est déclaré jeudi opposé à un étalement du calendrier de retour aux équilibres budgétaires en Europe afin de doper la croissance, après les propos du président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, en faveur d'un "pacte de croissance".
"La France doit diminuer ses dépenses, réduire son déficit, rembourser sa dette pour être maîtresse de son destin. Quand on ne veut pas dépendre de son banquier, mieux vaut ne pas avoir à lui demander un service", a estimé M. Sarkozy jeudi sur France Inter.
"Nous avons un pacte budgétaire (...) nous devons revenir en arrière et en faire un pacte de croissance", a déclaré mercredi M. Draghi au Parlement européen à Bruxelles, en faisant écho à la proposition du candidat socialiste à la présidentielle, François Hollande.
M. Sarkozy a refusé jeudi d'y voir un changement dans la position du patron de la BCE. "Revenir en arrière, ça voudrait dire que nous ne devons plus être préoccupé par la réduction de déficit, de l'endettement et de nos dépenses publiques", a-t-il relevé, "les autorités européennes souhaitent toujours la règle d'or, le pacte budgétaire, rembourser les dettes".
"La seule façon de nous extraire de la pression des marchés financiers dont on ne veut plus, c'est de rembourser nos dettes. Il n'y a pas de retour en arrière de ce point de vue", a insisté le président et candidat de l'UMP.
M. Sarkozy a également refusé de voir dans les propos de Mario Draghi un geste envers son rival socialiste. "Draghi dit +ça serait folie d'imaginer que la croissance peut venir de la création de 61.000 postes de fonctionnaires+", a-t-il paraphrasé en référence au programme de M. Hollande, "c'est pas rembourser les dettes ou la croissance, c'est les deux".
"On n'a pas attendu M. Hollande pour savoir s'il fallait de la croissance", a également fait valoir Nicolas Sarkozy, "quand nous avons décidé en 2008 de faire le grand emprunt pour l'investissement d'avenir, est-ce que ce n'était pas une décision pour l'investissement, pour la croissance, pour l'innovation ?", a-t-il demandé