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Un stratège de Vivendi va gérer les participations de l'Etat

Régis Turrini, directeur des fusions-acquisitions du groupe Vivendi, a été désigné mercredi en conseil des ministres pour prendre la tête de la très stratégique Agence des participations de l'Etat.

L'APE a souvent été au coeur de l'actualité économique des derniers mois, s'impliquant notamment dans les mariages Alstom-General Electric et PSA-Dongfeng.

Elle a pour mission de gérer le gigantesque portefeuille de l'Etat, concernant 74 sociétés, où se côtoient des participations dans des géants du secteur public et dans des multinationales privées, "allant de 1,1% pour CNP Assurances à 84,5% dans EDF", selon son site internet.

M. Turrini succède à David Azema, qui fait le chemin inverse, du public vers le privé, et rejoindra en septembre la banque américaine Bank of America-Merrill Lynch.

Cette même banque a fourni récemment à l'Elysée une nouvelle conseillère économique, Laurence Boone.

M. Azema, qui avait pris la direction de l'APE en 2012 après un parcours mêlant entreprises privées et publiques, a été l'artisan de ce que le gouvernement appelle "la nouvelle doctrine de l'Etat actionnaire", se voulant plus dynamique, qui consiste à vendre des parts dans une entreprise pour en acheter dans une autre, au nom de la stratégie économique.

M. Turrini est lui un habitué de ces opérations de marché, puisqu'il était depuis janvier 2003 en charge des fusions, acquisitions et cessions au sein de Vivendi, dont il est devenu en plus en janvier 2008 directeur de la stratégie et du développement.

Il a, à ce titre, chapeauté nombre d'opérations majeures, qu'il s'agisse de vendre à tout va les participations très hétéroclites du groupe à son arrivée, ou d'effectuer ensuite des rachats stratégiques comme celui de Neuf Cegetel. Tout récemment, M. Turrini a piloté pour Vivendi le rapprochement entre l'opérateur de téléphonie SFR et le câblo-opérateur Numericable.

Avant cela, il avait exercé comme avocat d'affaires et banquier d'affaires, connaissant un moment de célébrité en conseillant dans une tribune publiée par Libération en mars 2000 de vendre toutes les actions technologiques, juste avant l'éclatement de la bulle internet.

 

M. Turrini est toutefois aussi familier du monde de la haute fonction publique, puisqu'il a étudié à l'ENA et débuté sa carrière comme conseiller de tribunal administratif et de cour administrative.

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