13 Juillet 2026
La récente proximité des frontières européennes des guerres à haute intensité, avec le conflit en Ukraine notamment, a remis sur le devant de la scène la nécessité de pouvoir déployer les forces armées rapidement.
La commission de la Défense nationale et des forces armées a adopté début juin le rapport de la mission d'information sur la mobilité stratégique en Europe et dans les territoires ultramarins.
Selon le rapport, l'exercice "Dacian Fall", qui a rassemblé 5000 soldats de 9 nations, dont 2800 militaires français en Roumanie fin 2025, a permis de démontrer les capacités de la France à déployer une brigade sur le flanc Est.
Mais il a aussi mis en exergue les obstacles à la conduite d'opérations logistiques en Europe, qui s'ajoutent aux difficultés d'acheminer des forces armées dans les treize territoires ultramarins français, alors que plusieurs infrastructures à Mayotte ou à La Réunion nécessitent des aménagements.
La question de la mobilité stratégique dépasse largement le simple ministère des Armées. Les guerres hybrides, qui peuvent toucher à la fois les installations militaires, mais aussi civiles, font des infrastructures de transport des cibles potentielles d'attaques cyber ou cinétiques. Une raison pour laquelle les efforts doivent se concentrer sur les "nœuds critiques", dont la protection a été renforcée par le projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030.
Le rapport se penche aussi sur la mobilité stratégique au sein de l'Union européenne, freinée par des obstacles réglementaires et infrastructurels.
Pour autant, de nombreux espaces de collaboration, au sein de l'UE ou de l'OTAN, existent comme le Commandement européen du transport aérien ou le Movement Coordination Centre Europe, qui permettent de coordonner et de mutualiser les moyens de transport entre plusieurs pays des deux organisations.
Le paquet "mobilité militaire" présenté par la Commission européenne et la Haute représentante de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité le 19 novembre 2025 vise à créer d'ici fin 2027 une aire européenne de mobilité militaire, qui devrait, à terme, devenir un "Schengen militaire".
Les rapporteurs ont aussi présenté des propositions sur la question des territoires ultramarins, proposant notamment de "renforcer la fonction de hub stratégique de la Nouvelle-Calédonie dans l'Indo-Pacifique", de "développer les infrastructures aériennes de Mayotte dans le cadre du futur aéroport de Grande Terre" et d'"étudier l'opportunité de créer une nouvelle base navale à Mayotte".
Il propose en outre de "placer la gouvernance du "Groupe Transport Mobilité Militaire" européen sous la responsabilité exclusive des États membres.
Ils souhaitent renforcer les liens avec l'Union européenne et l'OTAN sur le sujet de la mobilité en développant "un formulaire unique européen et dématérialisé pour harmoniser les procédures douanières et réglementaires afin de réduire les délais" ou en pourvoyant "les postes français prévus au sein des structures de l'OTAN compétentes pour le commandement et la coordination des opérations logistiques".