Site d'information de Philippe Le Roux Ancien cadre local et national du RPR, de l'UMP et de LR Délégué de la Circonscription de Guingamp Conseiller auprès du Directeur général de l'UMP et Conseiller politique du Président de la République
23 Juillet 2026
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"Une erreur nationale majeure, que l'on paie encore aujourd'hui." C'est ainsi que le Haut-commissaire à la stratégie et au plan Clément Beaune qualifie la culture, qui a longtemps prévalu en France, de sortie précoce du marché du travail, à laquelle nombre d'acteurs cherchent désormais à remédier, notamment par la hausse de l'âge légal de départ à la retraite. Pour le Haut-commissariat au plan et à la stratégie, qui a publié hier un rapport sur l'emploi des seniors, se cantonner à augmenter l'âge de la retraite n'est pas suffisant pour bâtir une véritable "politique du vieillissement au travail".
Car la France a beau avoir augmenté de manière importante le taux d'emploi des seniors ces vingt dernières années (en passant de 30 % à 60 % d'emploi des 55-64 ans entre 2000 et 2024), le pays accuse toujours un retard par rapport à la moyenne européenne, singulièrement pour les personnes âgées de plus de 60 ans. Seuls 42,4 % des 60-64 ans sont en emploi en France, contre près de 70 % en Allemagne ou en Suède.
A cet âge-là, "plus d'une personne sur quatre n'est ni en emploi, ni à la retraite", explique Mme Emmanuelle PROUET, cheffe de projet au Haut-commissariat au plan, et l'une des auteures du rapport. Chez les "ouvriers et emplois peu qualifiés, près de 40 % des personnes vont partir de façon précoce du marché du travail avant d'arriver à la retraite", a-t-elle ajouté.
Afin de maintenir les plus âgés dans l'emploi, le rapport préconise plusieurs leviers, qui s'ajoutent à l'augmentation de l'âge de départ à la retraite.
D'abord, en facilitant les transitions progressives, via des dispositifs déjà existants comme le temps partiel ou le cumul emploi-retraite. Sur le premier dispositif, le Haut-commissariat souligne qu'en France, il est trop souvent "subi" ou utilisé comme un outil de départ anticipé à la retraite. Qui plus est, la part de temps partiel choisi n'augmente pas avec l'âge, contrairement à ce qui se pratique dans d'autres pays européens tels que la Suède ou le Danemark. Dans ces pays le temps partiel "joue un rôle de transition, porté notamment par une demande des salariés qui souhaitent alléger leur activité sans cesser totalement de travailler", note Mme Prouet.
Quant au cumul emploi-retraite, les habitants des pays nordiques y ont davantage recours là encore, et pour des raisons différentes que les Français. Alors qu'en France "le cumul emploi-retraite est d'abord motivé par une nécessité financière", dans les autres pays, on y recourt par "plaisir de travailler, d'être productif et de rester intégré socialement" via le travail, d'où l'importance de la qualité de l'emploi, d'après le rapport.
Alors que la retraite sera "sans doute de plus en plus tardive", "il faut se poser un certain nombre de questions sur les conditions de travail, sur les articulations entre les activités professionnelles et de retraite", a ainsi souligné M. Beaune. Alors que le cumul emploi-retraite va devenir beaucoup moins attractif pour les moins de 67 ans à partir de 2027, le Haut-commissaire a estimé qu'"on peut s'interroger sur la pertinence de cette restriction", mais en ajoutant que ce serait "encore pire de rechanger avant même d'avoir regardé les effets de cette réforme".
L'autre levier pour améliorer l'emploi des seniors n'est autre que la formation, selon le rapport. Entre 2022 et 2024, seul un tiers des 55-64 ans a suivi une formation, contre plus de la moitié en Suède. "Le faible accès des seniors à la formation apparaît moins comme un problème spécifique aux seniors que comme la conséquence d'un déficit plus structurel des politiques de formation dans certaines entreprises", note Mme Eva Tranier, co-autrice du rapport et cheffe de projet. "Lorsqu'on regarde la situation française, on observe un double déficit, d'investissement mais aussi d'accès à la formation", déplore-t-elle.
A cet effet, elle considère "nécessaire de renforcer l'accompagnement des entreprises, en particulier des TPE-PME, qui sont celles qui disposent de moins de ressources pour anticiper le vieillissement de leur main-d'œuvre et construire une véritable politique de formation". Le Haut-commissariat estime qu'il faudrait davantage s'appuyer sur les opérateurs de compétences, et de replacer la formation des seniors au centre de la négociation des branches et des entreprises.
Enfin, d'après le Haut-commissariat au plan, le compte personnel de formation (CPF) ne doit pas être un outil de rattrapage en fin de carrière, mais être mobilisé au contraire bien en amont, afin d'éviter l'obsolescence des compétences qui impactent les salariés plus âgés.