20 Mai 2008
La France a vu le nombre de ses bateaux de pêche et sa production de produits de la mer chuter depuis 1990, et le déficit de sa balance commerciale dans ce secteur se creuser, malgré un appétit croissant des Français pour le poisson, alimenté par les importations.
Alors que les bateaux français avaient ramené dans les ports métropolitains 630.000 tonnes de poissons, crustacés et coquillages en 1990, ils n'ont débarqué en 2007 que 551.660 tonnes, dont 40% de pêche congelée et transformée, selon l'Ofimer (Office interprofessionnel des produits de la mer).
Le chiffre d'affaires des pêches représente un total de 1,729 milliard d'euros pour 2007, dont 1,025 milliard pour les poissons et 489 millions pour les coquillages.
Alors que la France possède 5.500 km de côtes et un espace maritime de 11 millions de km2 - la deuxième zone économique exclusive (ZEE) au monde - grâce à l'Outre mer, le nombre de bateaux de pêche a chuté de près de 40% depuis 1990.
Début 2007, la France ne comptait plus que 5.232 navires en métropole (contre 8.654 en 1990), dont seulement 52 de plus de 40 mètres, plus 2.439 dans les DOM.
La Bretagne emploie près du tiers des 17.088 marins de métropole.
La pêche française ne représente plus que 15% de la consommation de produits frais, et le déficit de la balance commerciale du secteur s'accentue: 2,5 milliards d'euros en 2007 contre 2,4 en 2005 et 2,24 en 2002.
Pourtant les Français, qui ont dépensé 6,14 milliards d'euros en 2007 pour ce type d'aliments, ont de plus en plus d'appétit pour les produits de pêche (35,5 kg par an et par habitant), avec une augmentation de 3% par an en volume de la consommation au cours des dix dernières années.
Comme pour beaucoup de produits alimentaires, la grande distribution s'est arrogée une position dominante avec 67% du marché pour les produits frais, ne laissant qu'une portion congrue aux marchés (15%), aux poissonneries traditionnelles (13%) et aux autres circuits, notamment la vente directe (5%).