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Mayotte vote dimanche pour devenir le 101e département français

Les habitants de Mayotte votent dimanche pour décider si leur île doit devenir département, un référendum sans suspense tant le camp du "oui" domine pour arrimer un peu plus le territoire à la France, promesse à la fois de stabilité et d'amélioration du niveau de vie.

La départementalisation est la dernière étape d'un processus entamé en 1974, lorsque Mayotte a choisi de rester française alors que les trois autres îles de l'archipel des Comores optaient pour l'indépendance.

"Tout le monde votera oui, parce que nous voulons devenir des vrais Français, avec tout ce que cela implique de droits équivalents. J'ai vécu 16 ans à la Réunion: je vois bien la différence avec ce que nous vivons ici", assure Mohamed Atiki, fonctionnaire de 39 ans.

Face à ses instables voisins du continent africain, de Madagascar ou de l'Union des Comores, "Mayotte veut rester libre et en paix, dans la France", avance Ali Abdou, fonctionnaire de 47 ans.

Dans une rare unanimité, tous les partis politiques représentés au conseil général, présidé par l'UMP, font campagne commune, organisant des rassemblements en plein air, où les femmes en tenue traditionnelle viennent chanter pour le "oui" sous des fanions bleu-blanc-rouge.

Avec un PIB trois fois inférieur à la Réunion, mais neuf fois supérieur à ses voisins des Comores, Mayotte, où la moitié des salariés travaillent pour le secteur public, espère tirer de nouveaux bénéfices de la départementalisation.

Mais le gouvernement n'a pas caché aux Mahorais que le rattrapage avec la métropole mettrait du temps à se faire sentir: le revenu de solidarité active (RSA), l'allocation de parent isolé et l'allocation de solidarité spécifique ne seront mis en place qu'à partir de 2012, à un niveau qui sera seulement le "quart" de ce qu'ils représentent en métropole ou dans les DOM, avant une montée vers l'égalité sur 20 à 25 ans.

Parallèlement, certains impôts aujourd'hui inexistants vont apparaître à partir de 2014, comme la taxe foncière et la taxe d'habitation.

Et des pratiques culturelles anciennes vont être bousculées, avec la fin définitive de la polygamie, la disparition du tuteur matrimonial ("wali") et la réduction des attributions du "cadi" (juge musulman).

"L'Etat a fait son boulot d'explication pour dire que tout ne serait pas rose du jour au lendemain mais pourtant ce message n'est pas vraiment entendu par la population. Le débat est un peu tronqué et les partisans du non sont assez inaudibles", rapporte sous couvert d'anonymat un responsable local, résumant un sentiment partagé par plusieurs observateurs.

Les quelques têtes qui émergent dans le camp du non sont celles de responsables religieux qui craignent une "acculturation" de l'île, qui pratique un islam modéré.

A l'extérieur en revanche le scrutin est vu d'un très mauvais oeil par le gouvernement de l'Union des Comores, soutenu par l'Union africaine, la transformation de Mayotte en département devant mettre fin à toute possibilité de retour dans son giron de la quatrième île de l'archipel.

Pour palier à un état civil défaillant, les autorités ont pris une mesure spécifique pour qu'une personne sans papiers d'identité puisse voter: il suffit pour cela que deux électeurs l'accompagnent - eux dûment munis de leurs papiers - et attestent oralement de son identité.

Une mesure qui ne concerne pas les quelque 60.000 immigrés clandestins qui vivent sur l'île - environ un tiers de sa population - ne pouvant, par définition, être inscrits sur les listes électorales.

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