7 Août 2009
Les transferts d'argent des immigrés vers leur pays d'origine constituent une manne que la crise économique menace de tarir.
Depuis 10 ans, ces envois de fonds ont connu une croissance moyenne de 17% par an et ont atteint 328 milliards de dollars en 2008 dans le monde, selon la Banque mondiale.
Mais ils sont en ralentissement depuis fin 2008 et les dernières prévisions de la Banque mondiale, publiées mi-juillet, tablent sur une chute d'au moins 7,3% des envois de fonds des 200 millions d'immigrés sur le plan mondial.
Cette baisse annoncée engendre un danger de paupérisation pour de nombreux pays en développement qui sont largement dépendants de ces fonds pour la lutte contre la pauvreté, le soutien de la consommation des ménages et le développement de la microfinance.
L'Inde, la Chine et le Mexique sont les premiers destinataires des envois de fonds parmi les pays en développement en valeur globale.
Ainsi au Mexique, les "remesas" (envois d'argent de la diaspora) constituent la deuxième source de devises après les exportations de pétrole, mais selon les estimations officielles ces transferts pourraient diminuer de 2,5 milliards de dollars cette année.
Le Tadjikistan, la Moldavie, les îles Tonga, le Lesotho et la Guyane sont les destinataires de fonds les plus importants en proportion du PIB (plus de 25%).
Dans des pays comme Haïti, où les envois de fonds de la diaspora représentent plus de 20% du PIB et où plus de 70% de la population survit avec moins de un dollar par jour, une baisse significative des transferts d'argent pourraient aggraver la situation alimentaire.