6 Août 2009
Depuis 1988, la Nouvelle Calédonie est lancée dans un difficile processus de décolonisation par étapes, censé déboucher en 2014 ou 2018 sur un référendum d'autodétermination.
Les accords tripartites dits "de Matignon", sont conclus le 26 juin 1988 entre Jean-Marie Tjibaou pour le FLNKS (indépendantiste), Jacques Lafleur pour le RPCR (anti-indépendantiste) et le Premier ministre socialiste Michel Rocard.
Ces accords, ratifiés par référendum le 6 novembre 1988, créent trois provinces (Nord, Sud, Ile) et prévoient l'organisation d'un scrutin d'autodétermination dans les dix ans.
Dix ans plus tard, le 5 mai 1998, la signature de l'accord de Nouméa instaurait en Nouvelle-Calédonie un processus de décolonisation sur vingt ans.
Ce texte fondateur, conclu entre l'Etat, les anti-indépendantistes et les indépendantistes kanaks, puis ratifié à 72% par les Calédoniens lors d'un référendum, organise l'émancipation par étapes de cet archipel, français depuis 1853.
Un référendum d'autodétermination est prévu entre 2014 et 2018.
Pour les observateurs, l'accord de Nouméa constitue le garant du maintien de la paix en Nouvelle-Calédonie, qui a connu une quasi guerre civile dans les années 80.
Mais, la mise en œuvre de ce processus, sans équivalent au sein de la République, se fait à petits pas.
Ainsi, la Nouvelle-Calédonie a adopté le 18 mars 2009 un texte, le Schéma de mise en valeur des richesses minières, qui encadre l'exploitation de ses richesses en nickel en rénovant notamment les normes environnementales. Prévu par le statut de l'accord de Nouméa, il a fait l'objet de plusieurs années de négociations.
Le Parlement a adopté en juillet 2009 le projet de loi organique et ordinaire sur l'évolution institutionnelle de la Nouvelle-Calédonie, qui permet de nouveaux transferts de compétences de l'Etat à la Nouvelle-Calédonie, assortis de leurs modalités financières.
A terme, la France ne détiendra plus en Nouvelle-Calédonie que les compétences régaliennes (défense, ordre public, justice, monnaie et affaires étrangères) et l'accord de Nouméa s'achèvera entre 2014 et 2018 par un référendum pour demander aux Calédoniens s'ils souhaitent le transfert de ces dernières compétences pour accéder à la pleine souveraineté.