15 Juin 2011
Les médecins dont le diplôme obtenu hors de l'Union européenne n'est pas reconnu en France peuvent accéder à un statut de praticien hospitalier par le biais d'un concours ou, pour ceux arrivés avant 2004, d'un "examen professionnel" tenant compte de leur expérience.
Venus souvent d'Afrique noire francophone ou du Maghreb, ils pallient depuis de nombreuses années les difficultés de recrutement des hôpitaux français, alors que la loi ne reconnaît pas automatiquement leur diplôme, les reléguant dans des statuts moins favorables que celui de praticien hospitalier.
Le problème de ces médecins (mais aussi pharmaciens ou encore sages-femmes), aux contrats précaires et rémunérés deux à trois fois moins bien que que leurs collègues diplômés en France selon leurs syndicats, resurgit périodiquement.
Dans les années 1990, les pouvoirs publics avaient ainsi régularisé la situation de milliers de personnes, mais leurs effectifs ont rapidement regonflé face aux besoins des hôpitaux français.
Ils étaient ainsi 7.000 praticiens en 2005, selon les autorités hospitalières de l'époque, "exerçant en France sans la plénitude d'exercice". Plus de 4.000 étaient alors en formation et près de 3.000 exerçaient en tant que praticiens attachés associés ou assistants associés dans les hôpitaux publics.
Après une forte mobilisation de ces médecins en 2006, le gouvernement a mis en place une nouvelle procédure pour améliorer leur reconnaissance.
Un "examen professionnel", décliné par spécialité, est notamment prévu pour ceux exerçant en France depuis avant 2004. Il peut être passé trois fois et tient compte de l'expérience acquise. Pour les autres, des concours sont organisés chaque année.
Le ministère de la Santé fait valoir que quelque 4.000 médecins ont pu ainsi obtenir la reconnaissance de leur diplôme depuis 2006.
Mais le Syndicat national des Praticiens à Diplôme hors Union Européenne (SNPADHUE) souligne que la procédure de l'"examen professionnel" prend fin cette année, alors qu'un millier de médecins arrivés avant 2004 n'ont pas encore été régularisés. Il déplore par ailleurs le fait, pour les autres, d'avoir à passer un concours jugé trop restrictif.