Site d'information de Philippe Le Roux Ancien cadre local et national du RPR, de l'UMP et de LR Délégué de la Circonscription de Guingamp Conseiller auprès du Directeur général de l'UMP et Conseiller politique du Président de la République
10 Avril 2010
Les apéritifs urbains organisés via Facebook attirent les foules. Craignant des débordements, les autorités préfèrent les annuler.
Il n’y a pas que les fest-noz pour faire la fête en Bretagne. Dans le Grand Ouest où le phénomène a commencé, voici venu le temps des apéros géants organisés via Facebook. Après Rennes le 25 mars, c’est Brest (Finistère) qui a accueilli hier soir en centre-ville quelque 7 000 convives invités grâce au réseau social du Web. Samedi prochain, un autre rassemblement est prévu à Lorient (Morbihan). A Nantes (Loire-Atlantique) le 12 mai, 13 602 personnes ont déjà confirmé leur présence pour "décapiter les bières". A chaque nouvelle date, c’est la surenchère. "Les Rennais étaient 5 000, les Brestois feront mieux", promettait l’initiatrice de l’apéro organisé hier : une lycéenne de 19 ans, qui voulait à l’origine organiser l’anniversaire d’une amie ! Après Caen jeudi soir, Le Creusot (en mai), Marseille (en juin) et Colmar (cet été) accueilleront les leurs prochainement... Avec les beaux jours, on peut donc s’attendre à voir proliférer ces apéros XXL, y compris dans la capitale.
Pas d’incident sérieux jusqu’ici
Avec ses 15 millions de fidèles, Facebook touche aujourd’hui 80 % des 18-24 ans, autant dire un gigantesque vivier de fêtards. "A raison de 130 amis en moyenne par membre, les invitations font vite boule de neige", observe Sarah Roy, porte-parole de Facebook. De la même façon qu’il sert à trouver un donneur de moelle osseuse ou à aider les sinistrés de la tempête Xynthia, le réseau est un véritable tremplin pour la fête. "Internet permet de réinventer les liens sociaux. Les gens peuvent venir de tous horizons, le brassage est plus large que l’ancestrale fête de village", explique Nadine Cretin, socio-anthropologue.
Reste à encadrer les pratiques : aux dimensions nouvelles correspondent de nouvelles craintes. Par peur des débordements, comme pour les rave-partys, plusieurs maires ou préfets ont interdit ces rendez-vous, comme à Caen (Calvados) ou Nancy (Meurthe-et-Moselle). Celui de Montpellier (Hérault), prévu le 12 mai, a été annulé hier soir par le préfet de la région Languedoc-Roussillon. Idem pour l’apéro géant qui devait se dérouler le 21 avril en présence de 3 000 convives à Amiens (Somme) : hier, les organisateurs ont déclaré ne pas avoir reçu l’accord des autorités préfectorales.
Au ministère de l’Intérieur, on dit d’ailleurs suivre le dossier "avec attention". "Il n’y a pas de consigne générale donnée aux préfets. Il leur appartient néanmoins d’apprécier les risques pour l’ordre public, mais surtout pour la santé publique", précise-t-on dans l’entourage de Brice Hortefeux. Jusqu’à présent, aucun de ces apéros géants n’a débouché sur des incidents sérieux.