23 Décembre 2009
La consommation simultanée de plusieurs drogues, telle qu'expérimentée par l'automobiliste responsable de l'accident qui a provoqué le déraillement d'un RER à Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), entraîne un accroissement "exponentiel" de la prise de risque au volant, selon un chercheur spécialiste de la conduite et des comportements à risque.
"Quand on prend plusieurs drogues en même temps, on ne se contente pas d'ajouter un risque à un autre risque. Le polyusage de drogue entraîne un accroissement exponentiel du risque pris par les conducteurs", explique Jean-Pascal Assailly, psychologue et chercheur à l'Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité (Inrets).
Selon une enquête réalisée en septembre 2005 par l'Inrets, un conducteur a ainsi deux fois plus de risque de causer un accident mortel sous l'effet du cannabis, et neuf fois plus en état d'ivresse. Mais en cas de cumul cannabis/alcool, le risque est 14 fois plus important qu'à l'état normal.
"Concernant la cocaïne, aucune statistique précise n'a pu être établie, car la consommation de cette drogue est moins courante chez les conducteurs" explique Jean-Pascal Assailly.
"Comme il s'agit d'un désinhibiteur puissant, on se doute cependant que sa consommation entraîne des risques importants au volant", détaille-t-il, en précisant que ce risque "devient sans doute explosif" en cas de mélange avec l'alcool.
"Ce sont deux excitants. Leur mélange est forcément très perturbant, et mène à des pratiques de conduite abhérantes", conclut-il.
L'automobiliste accusé d'avoir provoqué le déraillement d'un train dimanche à Choisy-le-Roi a été contrôlé avec 1,18 grammes d'alcool dans le sang, soit plus du double autorisé, deux heures après les faits.
Des traces de cannabis et de cocaïne ont également été relevées dans son sang et son urine, en faible quantité pour le cannabis, dans des proportions plus importantes pour la cocaïne, selon un source judiciaire.