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G20 finances

La réunion des ministres des Finances du G20, organisée sous présidence américaine à Asheville (Caroline du Nord), a surtout mis en scène les fractures transatlantiques plutôt que produit des avancées substantielles.

Le dossier iranien et la présence russe. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a annoncé son intention d'ajouter prochainement deux banques non identifiées à la liste noire des entités commerçant avec Téhéran, poursuivant la pression économique américaine contre l'Iran. Mais c'est la présence surprise du ministre russe des Finances Anton Silouanov, invité par Washington malgré son statut habituel de persona non grata, qui a cristallisé les tensions : l'UE a jugé cette normalisation inappropriée en pleine guerre en Ukraine, par la voix du commissaire Valdis Dombrovskis, et a obtenu son exclusion de la photo de famille officielle.

Le contexte sécuritaire allemand. En marge du sommet, Berlin a formellement attribué à la Russie l'attaque au drone explosif contre l'aéroport de Leipzig début août, plateforme logistique clé pour l'Otan et le soutien à l'Ukraine. Conséquence immédiate : fermeture du dernier consulat russe en Allemagne (Bonn) et d'un centre culturel russe à Berlin soupçonné d'espionnage, avec le soutien affiché de l'Otan.

Le dossier japonais. La ministre des Finances Satsuki Katayama a démenti toute discussion avec Bessent sur une hausse des taux japonais pour soutenir le yen, réaffirmant que la politique monétaire relève de la seule Banque du Japon — tout en évoquant la coordination nippo-américaine héritée de l'intervention conjointe de juillet.

Le bilan global, selon James Lindsay (Council on Foreign Relations), est peu prometteur : rares avancées substantielles historiquement, mécontentement généralisé face à la présence russe et à l'exclusion de l'Afrique du Sud (écartée par Washington sur la base d'accusations non prouvées de persécution des fermiers blancs). Le sommet des chefs d'État de décembre, à Miami, s'annonce lui aussi tendu sur fond de divergences américano-chinoises, américano-européennes et américano-canadiennes (droits de douane).

L'intervention d'Elon Musk, en marge du sommet, a porté sur la régulation technologique : il a critiqué le cadre réglementaire européen, jugé trop restrictif et freinant l'innovation en IA, un point de vue rejeté par Bruxelles. Il a aussi défendu la construction de centres de données, sujet devenu politiquement sensible aux États-Unis à l'approche des élections de mi-mandat, Trump ayant lui-même averti que leurs opposants finiraient "arriérés et pauvres".

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