Site d'information de Philippe Le Roux Ancien cadre local et national du RPR, de l'UMP et de LR Délégué de la Circonscription de Guingamp Conseiller auprès du Directeur général de l'UMP et Conseiller politique du Président de la République
16 Octobre 2008
La mesure de la pauvreté en France témoigne d'une situation qui se dégrade sur les fronts du surendettement ou des travailleurs pauvres, liée à une aggravation du sous-emploi chez les jeunes qui travaillent.
Les statisticiens considèrent comme pauvres les personnes qui ont un revenu inférieur à 60% du revenu médian, c'est-à-dire le revenu au-dessus duquel se situe la moitié des ménages. La proportion de personnes pauvres s'élevait ainsi à 12,1% en 2006, et à 13,2% si les revenus du patrimoine sont intégrés dans le revenu médian.
Plusieurs indicateurs, synthétisés par le haut commissariat aux solidarités actives, témoignent de la pauvreté en France:
Europe: en six ans, la pauvreté est restée globalement stable
Le taux de pauvreté en Europe est resté en moyenne globalement stable depuis six ans, autour de 16% de la population, mais atteint un pic de 33% dans les familles monoparentales.
En 2006, 16% des Européens vivaient dans un ménage dont le niveau de vie est inférieur à 60% du "revenu médian" européen, le revenu au dessus duquel se situe une famille sur deux, selon les statistiques compilées par les services du Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, Martin Hirsch.
La Slovaquie, le Portugal et l'Irlande sont les pays européens où ce taux est le plus élevé (légèrement supérieur à 20%), tandis que la République tchèque et la Slovénie sont ceux où il est le plus faible (moins de 10%), la France se situant à 14%, le Royaume-Uni à 17-18% et l'Allemagne à 16%, selon des données de 2003 du service des études des ministères sociaux (DREES).
Les familles monoparentales, soulignent les services de M. Hirsch, sont 33% à vivre en dessous de ce seuil de pauvreté, soit deux fois plus que la moyenne de la population européenne. Mais leur situation varie d'un pays à l'autre: seulement 20% sont pauvres en Suède contre 40% dans huit pays de l'Union, dont l'Irlande et le Royaume-Uni.
En termes de génération, les plus mal lotis sont sans surprise les plus de 65 ans et les moins de 25 ans: dans les deux cas, une personne sur cinq est pauvre. Chez les personnes ayant un emploi, les pauvres sont 8%, proportion qui descend à 7% lorsque les deux conjoints avec enfants ont travaillé toute l'année et même à 5% pour ceux d'entre eux qui n'ont pas d'enfants.
L'absence totale de qualification joue aussi un rôle: près de 15% des Européens âgés de 18 à 24 ans ont quitté l'école prématurément. Et si cette proportion a diminué pour l'ensemble de l'Europe, elle a recommencé à progresser dans certains pays.
Côté positif, le taux d'emploi des personnes âgées de 55 à 64 ans, qui "permet de prévenir le risque de pauvreté" des futures personnes âgées, a en moyenne fortement progressé en Europe pour atteindre 44,9% en 2007 alors qu'il était "à peine supérieur au tiers" à la fin des années 90.
Les disparités sont cependant fortes, puisque ce taux d'emploi des seniors atteint 70% en Suède, dépasse 50% dans dix pays de l'Union, mais stagne à un très bas niveau en France (38%), soit la moitié du taux suédois.