31 Juillet 2012
Marie-Claire Restoux, championne olympique de judo en 1996, a estimé mardi que la décision du Comité international olympique (CIO) d'autoriser une judokate saoudienne à combattre la tête couverte à Londres n'était "pas un bon signe à envoyer".
"On peut comprendre que pour une femme saoudienne, concourir dans une compétition olympique, c'est une vraie avancée. En même temps, ça ouvre une brèche qui à mon avis en terme de symbole n'est pas forcément un bon signe à envoyer", a déclaré sur France-Inter Marie-Claire Restoux, élue UMP et ancienne conseillère de Jacques Chirac.
"Qui plus est, porter le voile en compétition de judo, pour avoir combattu à l'entraînement avec des filles qui portaient le voile, je peux vous dire que c'est compliqué. Le voile est autour du cou, donc il y a des risques d'étranglement qui ne sont pas exclus", a-t-elle dit.
"C'est à la fois dangereux physiquement pour la personne qui porte le voile, et en terme de symbole, ça veut dire qu'on n'applique pas les mêmes règles et le même uniforme pour tous", a-t-elle ajouté.
Le CIO a annoncé mardi que la judokate Wodjan Ali Seraj Abdulrahim Shahrkhani, l'une des deux premières femmes saoudiennes présentes aux Jeux, pourrait monter sur le tatami la tête couverte vendredi.
"La Fédération (internationale) de judo va l'autoriser à couvrir sa tête de quelque chose qui ne compromettra pas sa sécurité et qu'ils utilisent dans les compétitions en Asie", a déclaré une porte-parole du CIO, estimant que "c'est une solution acceptable pour toutes les parties."