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Un Républicain de Guingamp

Site de Philippe LE ROUX, ancien Délégué de la quatrième circonscription des Cotes-d'Armor et Conseiller auprès du Directeur général de l'UMP, Conseiller politique du président de la République, chargé des grands projets de l'UMP

Le chef de l'Etat Emmanuel MACRON et le Premier ministre canadien Mark CARNEY souhaitent accélérer le rapprochement entre l'Europe et le Canada

Publié le 15 Juin 2026 par Philippe LE ROUX - ancien Délégué de la Circonscription in International

Trois jours avant l'ouverture du Sommet du G7, le chef de l'Etat Emmanuel MACRON et le Premier ministre canadien Mark CARNEY se sont retrouvés à l'Elysée. Les deux hommes ont martelé leur volonté d'accélérer le "rapprochement" entre l'Europe et le Canada face au "retour des rapports de force", dans une allusion aux fortes turbulences générées par Donald TRUMP. "Aujourd'hui plus que jamais, nous avons une même lecture du monde. Nous constatons que l'ordre international est fragmenté, qu'il est marqué par le retour des rapports de force, par la contestation des règles communes, par la coercition économique, par les ingérences, les luttes informationnelles", a lancé le président de la République, en référence notamment à la guerre des droits de douane déclenchée par le président américain, ajoutant : "Au fond, nous croyons dans l'Etat de droit, dans l'ordre international, dans la science, dans le changement climatique et ce qu'il implique dans le respect de nos valeurs démocratiques et leur protection, et dans la protection aussi de notre enfance", autant de thèmes sur lesquels M. TRUMP fait souvent polémique.

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"Face à cela, nos deux pays partagent la même conviction que les démocraties doivent être lucides, fortes et capables d'agir ensemble".
Dans ce contexte, "la France et le Canada, l'Europe et le Canada ont des partenariats essentiels à bâtir et renforcer" dans la "défense", "l'intelligence artificielle, le quantique, le nucléaire civil, les minerais critiques et stratégiques et la transition énergétique", a pointé le chef de l'Etat. "Nos industries de défense ont des complémentarités réelles. L'enjeu est maintenant de passer de la convergence politique à des coopérations industrielles concrètes, durables, mutuellement bénéfiques", a-t-il insisté, alors que la France et l'Allemagne viennent d'enterrer un projet commun d'avion de combat.
M. Mark CARNEY a aussi souligné combien le Canada et la France, et plus largement l'Europe, partageaient "de plus en plus les mêmes intérêts". "Nous sommes plus que des alliés. Nous faisons partie de la même famille", a-t-il souligné en français, alors que le président américain exprime régulièrement des velléités d'annexer le Canada. "En travaillant ensemble, le Canada, la France et l'Europe sont en mesure de devenir une puissante forte pour le siècle à venir", a-t-il ajouté en anglais.
Préférer avec Pékin la coopération à la confrontation
Le chef de l'Etat entend donner un nouvel élan aux relations entre le G7 et la Chine, au centre des déséquilibres économiques mondiaux qui seront débattus à Evian. Lors d'un "sommet de convergence" jeudi dernier en visio, présidé par M. Emmanuel MACRON, les membres du G7, les pays invités et la Chine, représentée par un vice-Premier ministre, ZHANG Guoqing, se sont accordés sur la nécessité de "rééquilibrer" l'économie mondiale et de poursuivre la discussion au sommet du G20 en décembre aux Etats-Unis, a indiqué l'Elysée, pointant les surcapacités et aides publiques chinoises à l'industrie, la guerre des droits de douane ou le manque d'investissements en Europe. "Pour la première fois depuis au moins la formation du G20 en 2008, la Chine et les pays partenaires du G7 ont échangé avec le G7 sur la réduction des déséquilibres mondiaux", s'est félicitée la présidence française, qui ne cache pas son inquiétude face à l'excédent commercial record chinois et l'extrême dépendance des sept économies avancées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) aux chaînes d'approvisionnement chinoises pour les minerais critiques, les terres rares et certains composants stratégiques. Ils ont également pris acte que la Chine était un compétiteur redoutable dans l'intelligence artificielle. De plus, sur nombre de problématiques comme le climat, Pékin est devenu incontournable.


"Jusqu'à maintenant, le G7 était plutôt une enceinte de prises de position fortes et fermes à l'égard de la Chine, y compris sur des questions plus spécifiques comme Taïwan", souligne M. Marc JULIENNE, directeur du Centre Asie de l'Institut français des relations internationales (Ifri). Aujourd'hui, les membres du G7 cherchent un équilibre délicat entre coopération et rivalité.

Mais si la nouvelle tentative de dialogue n'aboutissait pas, l'Union européenne pourrait décider de durcir sa politique commerciale à l'égard de la Chine, selon des diplomates. Pas question de laisser la Chine laminer l'industrie automobile européenne, souligne l'un d'entre eux. De son côté, Pékin critique depuis longtemps le G7, qu'il juge non représentatif de l'ordre mondial.
Pour M. JULIENNE, il est "tout à fait rationnel et justifié de défendre l'idée qu'il est impossible de réformer le commerce mondial sans la deuxième puissance économique, sans la première puissance industrielle mondiale qu'est la Chine". "Sur ce point, Emmanuel MACRON est parfaitement cohérent", estime-t-il. En revanche, s'interroge-t-il, "est-ce que le G7 est le bon format pour avoir ces discussions avec la Chine ? Ça, c'est beaucoup plus controversé".

Pour le Japon, le G7 doit préserver son format relativement réduit, sans la présence d'autres grands acteurs, en particulier la Chine qui viendrait diminuer son rôle au sein de cette instance, explique Mme Valérie NIQUET, spécialiste de l'Asie à la Fondation pour la recherche stratégique. Elle note également que la Chine "est tout à fait ouverte au dialogue". Mais, selon cette dernière, "sans qu'aucune solution n'émerge car sur la quasi-totalité de ces sujets, la Chine n'est pas une solution, elle est un problème". "A moins de mesure coercitive de la part de l'Europe, ça ne bougera pas".

"Il est évident qu'il faut adresser les enjeux économiques et technologiques, mais le G7 doit aussi se poser la question du positionnement géostratégique de la Chine, qui a pris parti, de manière assez claire, pour la Russie et République islamique d'Iran", souligne de son côté Mme Alice EKMAN, directrice de la recherche de l'Institut d'études de sécurité de l'Union européenne (EUISS), soulignant que dans la phase de polarisation croissante du monde, la Chine "sort progressivement de l'ambiguïté stratégique". Ainsi, "le succès du G7 va dépendre de la capacité des membres à restaurer une forme de confiance et de dynamique de coopération entre membres, que ce soit sur les minerais critiques, les questions numériques, économiques". L'urgence de s'entendre est d'autant plus forte que pendant que le G7 tergiverse, "la Chine construit une coalition rivale de pays, incluant la Russie", dit-elle.

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