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Un Républicain de Guingamp

Site de Philippe LE ROUX, ancien Délégué de la quatrième circonscription des Cotes-d'Armor et Conseiller auprès du Directeur général de l'UMP, Conseiller politique du président de la République, chargé des grands projets de l'UMP

Le Cercle des économistes formule 14 recommandations pour la période 2027-2032

Publié le 6 Juillet 2026 par Philippe LE ROUX - ancien Délégué de la Circonscription in Infos

En pleine campagne pour l'élection présidentielle, la 26e édition des rencontres économiques d'Aix-en-Provence ont réuni 480 intervenants et pris une tonalité encore plus politique qu'à l'accoutumée.

A l'issue de l'événement, le Cercle des économistes a formulé 14 engagements dont voici la liste, à destination des candidats à l'élection présidentielle.

Les quatre premiers visent à "rendre son pouvoir à la jeunesse", les six suivants à "rénover la coopération internationale et européenne", et les quatre derniers à "se mobiliser pour le progrès".

Les 14 engagements que nous portons constituent une feuille de route tendue à tous ceux qui auront le courage de la reprendre pour 2027.

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1/ "Donner un élan financier à tous les jeunes : La dotation Top départ.

A sa majorité, chaque jeune recevrait un capital d'investissement de 10 000 euros. Cette dotation Top départ serait financée par un "+1 % Jeunes" sur la fiscalité de l'héritage.

2/ Réamarrer les jeunes sortis du système : le pacte NEETs*.

Un engagement de réduction drastique du nombre de NEETs en France serait signé par chaque candidat à la présidentielle. Le pacte inclurait une trajectoire financière sur cinq ans, avec une logique d'anticipation dès l'école primaire.

* de l'anglais "Not in Education, Employment, or Training" désigne une personne (généralement âgée de 15 à 29 ans) qui n'a pas d'emploi, ne suit pas d'études et ne participe à aucune formation.

3/ Décloisonner les filières générales, professionnelles et technologiques : les dispositifs passerelles.

Chaque année, un entretien passerelle aurait pour objet de confirmer ou d'infirmer le choix de filière – avec la possibilité pour l'élève de basculer d'une voie à l'autre grâce à des formations passerelles de mise à niveau.

4/ Garantir la représentation de la jeunesse : Le CESE comme chambre du futur.

Le CESE serait réformé pour faire plus de place à la représentation des jeunes. Un quota de 50 % de moins de 35 ans serait instauré, aussi bien pour les conseillers que pour les citoyens tirés au sort des Conventions citoyennes.

5/ Mettre sur la table une conférence économique Nord-Sud.

Une conférence internationale en format G20 élargi, incluant les nouvelles institutions multilatérales du Sud global, s'impose aujourd'hui, notamment pour discuter de la convertibilité du renminbi (monnaie officielle de la République populaire de Chine).

6/ Maximiser les investissements en Afrique.

L'investissement dans les pays africains est encore entravé par des taux d'intérêt trop élevés, dus à des biais informationnels. Une prime de risque prise en charge mondialement permettrait de soutenir l'investissement.

7/ L'Europe des génies nationaux :

Désigner pour chaque filière d'avenir un pays "fer de lance" La France sur le nucléaire, les Pays Bas sur les semi-conducteurs, l'Irlande sur les centres de données, l'Estonie sur la cybersécurité… Chacun des États membres de l'UE deviendrait le pays référent d'un secteur stratégique.

8/ L'Europe des talents : Un Erasmus des savoir-faire

La possibilité pour les étudiants en formations techniques de partir à l'étranger existe, mais reste résiduelle. Nous proposons d'utiliser le levier des bourses Erasmus+ pour généraliser la mobilité étudiante au sein de ces filières.

9/ L'Europe des champions stratégiques : le label PILOT

Sur le modèle du Conseil européen de la recherche, créer un dispositif similaire ciblé sur les start-ups des secteurs stratégiques confrontées au "scale up trap"*. Un jury indépendant attribuerait un label Programme for Industrial Leaders Of Tomorrow (PILOT) combinant bourse de R&D et accès prioritaire au crédit et au capital. Ce label servirait ensuite de signal fort pour réduire l'aversion au risque du capital privé.

*( piège de la croissance) désigne le moment critique où une entreprise en forte expansion voit son organisation s'effondrer. Cela se produit lorsque le chiffre d'affaires augmente, mais que les processus internes, les systèmes financiers et le management ne sont pas adaptés pour soutenir ce volume, provoquant chaos et épuisement.

10/ L'Europe des volontaires :

Vers des coalitions ad hoc Dans l'esprit de la "coalition des volontaires" pour l'Ukraine, les possibilités de "coopérations renforcées" entre groupes d'États membres pourraient être facilitées. L'Europe ne peut plus se permettre d'attendre l'unanimité des 27 sur chaque sujet pour avancer.

11/ Garantir l'investissement à risque.

En France comme ailleurs en Europe, l'épargne est aujourd'hui détenue par une population vieillissante et frileuse au risque, avec pour conséquence un sous-investissement structurel dans le secteur technologique. Deux solutions pourraient être mises en œuvre pour mobiliser l'épargne : conditionner les avantages fiscaux sur l'assurance-vie à une part d'investissements dans la tech souveraine ; garantir par la collectivité, en capital et en rendement, les investissements dans les grands projets nationaux, transnationaux et européens.

12/ Remettre les mathématiques au cœur du socle commun.

Pour corriger les effets de la réforme du bac, qui éloigne de plus en plus les lycéens – et surtout les lycéennes – des sciences, les mathématiques seraient réintégrées au socle commun jusqu'en terminale. A l'heure de la bataille technologique mondiale, elles constituent une discipline stratégique : former davantage de scientifiques et d'ingénieurs est une nécessité.

13/ Permettre la réorientation à tout âge :  Le congé Réflexion carrière.

Instaurer un congé de réorientation professionnelle tous les dix ans, pour accompagner le droit au changement de parcours, à l'image du modèle danois de formation tout au long de la vie.

14/ Planifier le progrès.

Au HCSP (Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan) serait attribuée la compétence de la planification écologique, en lien direct avec les collectivités territoriales via le Fonds vert. Un grand plan d'adaptation des écoles et des hôpitaux au réchauffement climatique pourrait d'ores et déjà être lancé. Aller ensemble vers une culture de la frugalité est aujourd'hui la seule voie possible du progrès.

La souveraineté économique au cœur des préoccupations

Le thème souveraineté économique de l'Europe et de la France face aux menaces posées par les Etats-Unis et la Chine a animé les débats. "Mon cap sera celui de la souveraineté sous toutes ses formes : financière, industrielle, énergétique et numérique", a ainsi affirmé le ministre de l'Économie Roland Lescure.

Interrogé sur le thème de la "renaissance d'un écosystème techno français", à laquelle participait notamment le prix Nobel d'économie, M. Philippe Aghion, le ministre n'a pas exclu de "recentrer" le Crédit d'impôt recherche (CIR).

"C'est 7 milliards d'euros. Il faut le mettre à plat. Je ne dis pas qu'il faut le réduire, il faut l'examiner. On ne peut pas dire a priori "je n'y touche pas"", a expliqué M. Aghion.

"Le CIR n'est pas un tabou, on en parle tous les ans au projet de loi de finances, c'est beaucoup d'argent qui finance un peu d'innovation de rupture et beaucoup de recherches un peu lambda dans les entreprises", a concédé M. Lescure.

Mais "est-ce que Carrefour a besoin du Crédit d'impôt recherche ? Je dis non", l'a relancé M. Aghion.

 Le ministre a finalement évoqué l'hypothèse de "recentrer le Crédit d'impôt recherche sur des vraies innovations de rupture, sur de la recherche appliquée (...) à condition de baisser les prélèvements obligatoires".

"Le renouvellement industriel et la réduction des dépendances, c'est quelque chose de critique", a affirmé de son côté le président du Conseil européen Antonio Costa, lors d'un débat avec la présidente de la Banque centrale européenne Christine Lagarde.

 "Notre souveraineté, notre autonomie doit passer par la diversification" en "termes d'origine des produits, en particulier sur les terres rares", ou encore par "l'indépendance en matière énergétique", a plaidé par ailleurs cette dernière.

Les dirigeants de grands groupes présents se sont aussi emparés de ce sujet. "On est à un tournant de l'histoire aujourd'hui, où le monde qu'on a connu a changé. On a beaucoup plus de rapports de force et de blocs, et la question de la souveraineté se pose vraiment", a estimé le président exécutif d'Airbus Guillaume Faury.

"La souveraineté européenne, c'est assurer le financement des transitions en Europe, c'est donner un cadre public accompagnant ce financement" et "ce sont des acteurs privés à qui l'on fait confiance pour bâtir des champions européens", a renchéri M. Nicolas Namias, président du directoire de la banque BPCE.

De son côté, le président-directeur général de TotalEnergies Patrick Pouyanne a assuré qu'il n'a "pas peur des Chinois". "Je pense que l'Europe, c'est pas en mettant la ligne Maginot qu'on va y arriver. Il va se passer pire, ils vont rentrer sans rien nous apporter", a-t-il poursuivi. "Ce qu'il faut, c'est mettre maintenant des conditions", a-t-il affirmé, proposant de nouveau de créer des co-entreprises avec une répartition du capital de 51 %-49 %, avec partage de technologies, comme les Chinois l'ont par le passé demandé aux groupes européens s'implantant en Chine.

Le président-directeur général d'EDF Bernard Fontana a évoqué pour sa part un récent déplacement en Chine pour mieux comprendre le développement de la filière nucléaire, soulignant un "partenariat ancien" avec "nos amis chinois". Il a témoigné de l'efficacité de l'industrie nucléaire chinoise, capable de réaliser "en deux semaines" ce qui pourrait prendre "deux ans" en France, sur un site qui, à l'origine, a été bâti avec l'aide des firmes françaises. "L'aide qu'ils nous apportent, elle est méthodologique et ils le font avec plaisir, mais ça ne crée pas une dépendance. On voit que les enjeux sont à notre portée et il faut aller les chercher", a affirmé M. Fontana.

 Un "business plan" pour la France

Le directeur général de la banque LCL Serge Magdeleine a recommandé vendredi que la France se dote d'un "plan d'activité à horizon 2032 sur ses grandes lignes stratégiques de développement, avec une vraie stabilité normative et fiscale".

"On va avoir besoin de la dette privée, la dette publique étant au taquet. Définir où on veut être en 2032, dans quel secteur stratégique la France veut être un leader mondial ou européen, c'est déjà le début du business plan, et ensuite on se demande comment on finance tout ça".

Mme Patricia Barbizet, présidente de l'Afep, a estimé que "l'Etat ne pourrait pas tout faire dans le plan d'investissements et que ce sont les entreprises qui les mettraient en place". Elle a jugé "la dette toxique quand elle finance le passé et extrêmement utile quand elle finance l'avenir".

Les besoins sont "gigantesques" a-t-elle dit, observant que "les gros acteurs du numérique sont une concurrence féroce pour nous car ils sont capables d'investir énormément". Selon elle, il faut "clarifier le rôle de l'État dans l'économie et pour ça il faut qu'il commence par stabiliser ses finances publiques".

L'entreprise, "adulte dans la pièce"

Le co-président du mouvement Impact France et directeur général de la Maif Pascal Demurger a, lui, critiqué plusieurs de ces points. "Quand je vois (certaines) revendications patronales à la veille des élections présidentielles, dans un contexte de colère sociale, de montée du populisme (...), je dis "arrêtons !" : il faut d'abord préserver le vivre ensemble et un minimum d'harmonie dans notre société".

Il a énuméré ces revendications, "suppression de la CVAE (un impôt de production), de la Contribution sociale de solidarité des sociétés, de la surtaxe d'impôts sur les sociétés, de 30 ou 50 milliards de cotisations patronales, tout ça compensé par de la TVA et de la CSG qui pèsent sur les ménages ! : évitons à tout prix le chaos", a-t-il dit.

Pour lui cependant, l'entreprise fait figure "d'adulte dans la pièce" actuellement.

"La campagne présidentielle est peut-être la plus grave, la plus importante de la Vème République et je crois qu'elle n'est pas complètement prise au sérieux" a-t-il déploré, soulignant l'apparition "d'un candidat nouveau tous les jours" et la "radicalisation du discours".

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