Alors que le président de la République, M. Emmanuel MACRON, a présidé hier à l'Elysée la cinquième réunion de suivi consacrée à la lutte contre le narcotrafic, en présence notamment du Premier ministre Sébastien LECORNU, du ministre de l'Intérieur Laurent NUNEZ, du ministre de la Justice Gérald DARMANIN, du ministre de l'Education nationale Edouard GEFFRAY et du ministre des Comptes publics David AMIEL, ce dernier a annoncé hier un "plan douanes 2030" doté de plus de 400 millions d'euros afin, entre autres objectifs, de faire face à la "déferlante" de cocaïne.
En janvier, le président de la République avait demandé au gouvernement de "muscler" la lutte contre le narcotrafic dans les ports et aéroports et ordonné une mobilisation accrue aux Antilles, alors que les douanes venaient de saisir près de 109 tonnes de produits stupéfiants en 2025, dont plus de 31 tonnes de cocaïne. "Au premier semestre de l'année 2026, c'est une augmentation nouvelle de 30 % des saisies que nous avons pu constater", a indiqué hier M. AMIEL lors d'un point presse à Paris. "Face à ce choc d'offres", aux "réseaux tentaculaires de narcotrafiquants qui utilisent des technologies de pointe, il faut "un choc capacitaire", a-t-il dit en annonçant que la France comptait se doter de "la technologie de première ligne, à la hauteur de ce qu'on a pu observer ces dernières années dans les ports de Belgique et des Pays-Bas".
Le plan prévoit également 545 créations nettes d'emploi pour un effectif actuel de quelques 16 500 agents, dont "50 % seront dédiées au renforcement des services de première ligne, donc des services de contrôle, et environ 20 % aux services de ciblage en amont et d'investigation en aval", a détaillé M. Florian COLAS, directeur général des douanes.
D'ici 2030, 25 scanners supplémentaires devraient être déployés sur l'ensemble du territoire : des scanners fixes, "des infrastructures industrielles capables de scanner à une très très grande vitesse une très grande volumétrie de conteneurs", selon M. COLAS, des scanners mobiles spéciaux dans les ports, y compris en Outre-mer, mais aussi des scanners tomographes dans des centres postaux.
A titre d'exemple, le nombre d'images collectées dans les ports devrait passer de 17 000 en 2025 à 281 000 en 2030, et de 0 sur le vecteur postal à 2,6 millions.
Dans les aéroports, un autre type de scanner sera développé afin de "scanner de façon plus systématique les bagages à la sortie des avions", explique M. COLAS. Pour pouvoir faire face à cette augmentation du volume de contrôle, "il va falloir qu'on cible davantage (...)", a-t-il ajouté, d'où l'investissement prévu dans de nouveaux outils : une banque d'images qui, via l'intelligence artificielle, permettra de "faire de la reconnaissance d'images et de détecter les stupéfiants dans tout type de moyens de transport" (colis, camions, conteneurs), et un traitement de données qui vise à "accéder très en profondeur dans les données de la logistique et du transport".
Le plan prévoit en outre la création au niveau territorial d'une nouvelle strate d'investigation régionale, "des services au plus près du terrain pour traiter de la criminalité qui touche les bassins régionaux", selon M. COLAS.
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