3 Juillet 2026
Le chancelier allemand Fridrich MERZ annonce un vaste ensemble de réformes
La coalition au pouvoir en Allemagne a trouvé un compromis sur un ensemble de réformes touchant aux retraites, à la fiscalité, à la compétitivité et au pouvoir d'achat pour sortir le pays de l'ornière économique, a annoncé hier le chancelier (CDU) Friedrich MERZ.
"Nous veillons à accroître la flexibilité de nos entreprises. Nous veillons à réduire la bureaucratie. Nous veillons à préserver notre Etat providence et nous veillons à alléger la charge qui pèse sur les salariés et les entreprises en baissant les impôts", a annoncé le chef du gouvernement, après des mois de dissensions entre les partenaires de la coalition.
Conservateurs et sociaux-démocrates se sont entendus sur l'adoption d'ici la fin de l'année d'une réforme des retraites, prônée par une commission indépendante.
"Les plus hauts revenus contribueront davantage. C'est une question d'équité si nous voulons faire avancer le pays", a déclaré le ministre social-démocrate des Finances Lars KLINGBEIL. "Je veux dire que je suis très reconnaissante (... car) nous avons réussi à trouver ensemble ce chemin", a dit de son côté la ministre du Travail (SPD), Mme Bärbel BAS.
Après un peu plus d'un an aux affaires et un bilan limité, M. MERZ a sonné le rappel des troupes au printemps, confronté à une économie naviguant entre récession et stagnation et à une extrême droite en pleine essor et devant lui dans les sondages.
Le défi du chancelier était de montrer que son gouvernement n'est pas condamné à l'inertie, et peut reformer un pays en manque d'innovation et dont l'industrie exportatrice, longtemps moteur du succès allemand, est plombée par le coût de l'énergie, du travail, la bureaucratie, la concurrence chinoise et les tarifs douaniers américains.
Démontrer sa capacité d'action est d'autant plus important, que CDU-CSU et SPD veulent empêcher à tout prix que le parti d'extrême droite AfD puisse prendre pour la première fois les commandes dans deux régions de l'Est, lors de régionales en septembre. Une telle situation serait une première dans l'Allemagne d'après-guerre et constituerait un séisme politique pour un chancelier très critiqué, à droite comme à gauche, et qui est à plus de 80 % d'opinion défavorable..